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Optimiser son PER : le guide pour les professionnels de santé

Fiscalité PER

Estimation du temps de lecture : 13 min

 

Le Plan d’Épargne Retraite est devenu un outil incontournable pour préparer sa retraite tout en réduisant son impôt sur le revenu. Pour les médecins, infirmiers, sages-femmes et autres professionnels de santé, dont l’activité évolue souvent fortement au cours de la carrière, bien structurer son plan d’épargne retraite demande une véritable stratégie patrimoniale. Ce guide détaille le fonctionnement du dispositif, les limites applicables et les leviers concrets pour maximiser votre avantage fiscal tout au long de la vie professionnelle, à l’entrée comme au moment de la sortie.

 

 

Qu’est-ce que le Plan d’Épargne Retraite (PER) et comment fonctionne-t-il ?

Le plan d’épargne de long terme créé par la loi Pacte de 2019, le PER, permet de constituer un capital ou une rente pour la retraite, tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux grâce à des fonds diversifiés. L’épargne versée est bloquée jusqu’au départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, offrant ainsi la possibilité de débloquer une partie de son épargne en cas de besoin exceptionnel, comme le précise le site officiel info-retraite.fr.

Il existe trois compartiments : le PER individuel, le PER collectif et le PER obligatoire d’entreprise, chacun proposé sous forme de contrat d’assurance ou de compte-titres selon l’établissement choisi.

 

Le principe de la déduction fiscale des versements

Chaque euro versé sur votre PER peut se déduire de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond. Cette déduction fiscale réduit directement votre base de calcul de l’impôt sur le revenu, ce qui se traduit par une véritable économie d’impôt.

Par exemple, un praticien imposé à 41 % qui verse 5 000 euros sur son PER réduit son impôt de 2 050 euros la même année, soit une économie d’impôt directe. Ce gain dépend de votre tranche marginale d’imposition (TMI), dont l’impact sur le calcul reste déterminant pour toute optimisation fiscale.

 

Les avantages spécifiques du PER pour les carrières médicales

Les professionnels de santé cumulent souvent plusieurs sources de revenus : salaire hospitalier, activité libérale, gardes ou remplacements. Le PER permet de lisser cette fiscalité au fil des périodes plus ou moins actives de la carrière, et d’ajuster son effort d’épargne chaque année selon le revenu réellement perçu, ce qui allège d’autant l’impôt sur le revenu dû.

Il s’adapte également aux parcours atypiques : internat, remplacement, installation progressive en libéral.

 

 

Comment calculer et optimiser le plafond de déduction de votre PER ?

Le plafond de déduction varie selon votre statut professionnel et détermine la part maximale déductible de votre revenu imposable pour l’exercice en cours.

 

Le plafond pour les praticiens hospitaliers et salariés

Pour les salariés et praticiens hospitaliers, le plafond correspond à 10 % des revenus professionnels de l’exercice précédent, dans la limite de 10 % de huit fois le plafond de la sécurité sociale soit 37 680€ en 2026. Cette règle concerne notamment les praticiens hospitaliers dont la rémunération évolue avec l’ancienneté, comme le détaille notre page sur la protection sociale.

Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la retraite du praticien hospitalier. Le plafond annuel de la sécurité sociale utilisé dans ce cadre est revu annuellement par l’Urssaf, ce qui permet d’estimer à l’avance le montant maximal déductible pour l’exercice en cours.

 

Le plafond pour les professions libérales de santé (TNS)

Les travailleurs non-salariés bénéficient d’un plafond plus élevé : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de huit fois le plafond de la sécurité sociale, majoré de 15 % sur la fraction du bénéfice située entre un et huit fois cette limite soit 88 911€ en 2026. Cette règle avantage particulièrement les libéraux de santé aux tranches d’imposition élevés et leur permet de bénéficier, grâce à cette optimisation, d’une réduction d’impôt substantielle.

 

Où trouver le montant exact de votre plafond personnel disponible ?

Pour les salariés, le plafond exact de votre capacité de déduction apparaît sur votre avis d’impôt en page 3. Il est également consultable, avec le détail de votre impôt sur le revenu, sur votre espace en ligne sur impots.gouv.fr.

Pour les libéraux, il faut le calculer sur les revenus de l’année en cours en fonction des plafonds mentionnés plus haut.

 

 

Quelles stratégies pour optimiser les versements sur votre PER ?

Bien gérer son PER ne se résume pas à verser un montant fixe chaque exercice. Plusieurs leviers permettent d’ajuster votre stratégie d’épargne selon votre profil professionnel et familial.

 

Adapter vos versements en fonction de votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI)

Plus votre TMI est élevée, plus l’avantage fiscal du PER est significatif. Il est donc pertinent de concentrer vos versements volontaires sur les années où vos revenus, et donc votre tranche d’imposition, sont les plus élevés.

À l’inverse, si votre TMI est faible, mieux vaut privilégier d’autres placements et réserver le PER aux années à forte imposition, une piste à affiner avec un conseiller, comme expliqué dans notre page sur la fiscalité Madelin.

 

Comment optimiser son PER en couple : la mutualisation des plafonds

Les conjoints peuvent mutualiser leurs marges de manœuvre disponibles. Si l’un des deux membres du couple dispose d’une capacité de déduction supérieure à ses besoins, il peut la transférer au profit de son conjoint pour maximiser la déduction globale du foyer et alléger ainsi l’impôt sur le revenu du ménage.

Cette mutualisation est particulièrement utile lorsque l’un des conjoints exerce en libéral avec des revenus variables, et l’autre en tant que salarié avec des revenus plus stables, selon leur situation respective. Chacun conserve ses propres droits à déduction, ce qui offre une réelle souplesse au sein du foyer et permet à chaque conjoint de gérer efficacement son propre plan d’épargne.

 

Gérer les versements avec des revenus médicaux variables

Les revenus des professionnels de santé fluctuent selon les gardes, les remplacements ou le développement de l’activité. Il est recommandé d’ajuster le montant des versements chaque année en fonction du résultat réel, plutôt que de fixer un montant automatique en complément des versements automatiques.

Ces ajustements permettent de réaliser une véritable économie d’impôt optimisation fiscale et patrimoniale sur la durée, tout en conservant une épargne de retraite adaptée aux aléas de l’exercice médical.

 

Utiliser le report des plafonds non utilisés des années précédentes

Les plafonds non utilisés des trois dernières années sont reportables. Cela permet de rattraper un manque de versements passés lors d’une année où les revenus augmentent sensiblement, par exemple après une installation en libéral.

 

 

Fiscalité à la sortie : comment anticiper l’impact fiscal

La fiscalité appliquée à la sortie du PER varie selon le mode choisi, capital ou rente, et selon que les versements ont été déduits ou non à l’entrée. Anticiper ce point dès la souscription évite les mauvaises surprises au moment de la retraite.

 

Sortie en capital : quelle imposition pour votre épargne retraite ?

En sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, une règle fiscale à anticiper dès la souscription. Les gains, eux, sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, incluant les prélèvements sociaux, par exemple sur un capital de 50 000 euros constitué au fil du temps, comme le détaille le site economie.gouv.fr.

Ce point mérite une attention particulière au moment du départ à la retraite, car un déblocage total du capital en une seule fois peut faire basculer temporairement dans une tranche d’imposition supérieure.

 

Sortie en rente viagère : comprendre la fiscalité applicable

En sortie en rente, l’imposition dépend là encore de l’origine des versements. Pour la part issue de versements déduits, la rente est imposée selon le régime des pensions, avec un abattement de 10 %.

Pour la part issue de versements non déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onereux, avec un abattement variable selon l’âge du bénéficiaire au moment du premier versement de la rente.

 

Arbitrer entre déduction à l’entrée et fiscalité à la sortie

Il est possible de renoncer à la déduction à l’entrée pour bénéficier d’une fiscalité allégée à la sortie. Ce choix s’adresse surtout aux professionnels dont la TMI est faible au moment des versements, et qui anticipent une imposition plus légère à la retraite, notamment via des rentes régulières versées après le départ.

Avant d’arbitrer, il est utile de comparer cette solution avec d’autres dispositifs de prévoyance.

Mode de sortie Imposition de la part déduite Imposition des gains
Capital Barème progressif de l’impôt Prélèvement forfaitaire unique 30 %
Rente Régime des pensions, abattement 10 % Fiscalité à titre onéreux

 

 

Les points de vigilance et erreurs à éviter avec votre PER

Certaines erreurs courantes réduisent, voire annulent, l’avantage fiscal attendu du PER. Il est essentiel de les anticiper dès l’ouverture du contrat.

 

Dépasser les plafonds de déductibilité : quels risques ?

Verser au-delà du plafond disponible ne fait courir aucun risque de pénalité, mais la fraction excédentaire n’est simplement pas déductible du revenu imposable. Il est donc important de vérifier ses droits avant chaque versement volontaire important, car seuls les montants réellement déductibles génèrent une véritable économie d’impôt.

 

Oublier de déclarer ses versements annuels aux impôts

Les versements doivent être reportés dans la déclaration de revenus, dans la case dédiée à l’épargne retraite. Un oubli prive le contribuable de sa déduction fiscale et de l’avantage fiscal associé, même si le versement a bien été effectué auprès de l’organisme gestionnaire.

Les organismes gestionnaires transmettent en principe un récapitulatif des sommes versées, à conserver précieusement pour vérifier sa déclaration, notamment via le site des démarches administratives en ligne.

 

 

Comment souscrire et bien gérer son contrat d’épargne retraite ?

La souscription d’un PER se fait auprès  d’un assureur ou d’une banque. Le choix de l’établissement et du contrat influence directement la performance de l’épargne sur le long terme.

Il est recommandé de comparer les frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage, ainsi que les modalités pilotées proposées par chaque contrat d’assurance.

 

Quels supports de placement choisir pour optimiser son épargne ?

Le PER propose une gestion pilotée par défaut, qui sécurise progressivement le capital à l’approche de la retraite, ainsi qu’une gestion libre pour les épargnants souhaitant investir directement leur épargne sur des fonds et supports en unités de compte et/ou en fonds en euros.

Pour investir sereinement, il convient d’ajuster la part de risque à votre horizon de placement et à votre profil, en lien avec votre protection sociale globale, comme le rappelle l’Autorité des marchés financiers.

 

L’importance d’un conseil patrimonial personnalisé selon votre mode d’exercice

Chaque situation est unique : un praticien hospitalier, un libéral en TNS ou un professionnel en exercice en groupe n’ont pas les mêmes plafonds ni les mêmes priorités fiscales. Un conseil patrimonial personnalisé permet d’arbitrer entre versements réguliers, déblocages anticipés et choix de sortie.

Cette approche intègre également les enjeux de prévoyance, notamment en cas d’invalidité ou de décès, selon l’âge et le statut de chacun, ainsi que les droits liés aux évolutions réglementaires suivies par la CARMF et la CPAM.

 

Groupe Pasteur Mutualité : un PER conçu pour les professionnels de santé

Le Groupe Pasteur Mutualité accompagne les professionnels de santé depuis de nombreuses années dans la construction de leur épargne retraite. Son offre de plan d’épargne retraite tient compte des spécificités de chaque mode d’exercice, du salariat hospitalier à l’installation libérale, avec un contrat d’assurance conçu pour accompagner toute la vie professionnelle.

Cette approche s’appuie sur une connaissance fine des carrières médicales et paramédicales, de l’internat jusqu’à la retraite, en passant par les périodes de remplacement ou de collaboration. Elle permet d’adapter chaque conseil au parcours réel du professionnel de santé.

Pour un accompagnement personnalisé et des conseils adaptés à votre profil, contactez votre conseiller en gestion de patrimoine.

 

Préparer votre retraite

 

L’essentiel à retenir en 6 point 

  • Le PER, c’est quoi ? Un plan d’épargne de long terme créé par la loi Pacte (2019) pour se constituer un capital ou une rente pour la retraite. L’épargne est bloquée jusqu’au départ, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
  • L’avantage fiscal à l’entrée : les versements sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond. L’économie dépend de votre TMI. Par exemple, 5 000 € versés à 41 % représentent 2 050 € d’impôt en moins.
  • Des plafonds différents selon le statut :
  • Salariés et praticiens hospitaliers : 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, jusqu’à 37 680 € en 2026. Le montant figure en page 3 de l’avis d’impôt.
  • Libéraux (TNS) : 10 % du bénéfice, plus 15 % sur la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, jusqu’à 88 911 € en 2026. Ce plafond se calcule soi-même.
  • Les leviers d’optimisation :
  • concentrer les versements sur les années à forte TMI ;
  • ajuster les versements chaque année selon les revenus réels ;
  • mutualiser les plafonds au sein du couple ;
  • utiliser les plafonds non consommés des années précédentes.
  • La fiscalité à la sortie : en capital, les versements déduits sont imposés au barème et les gains au PFU de 30 %. En rente, les versements déduits relèvent du régime des pensions avec un abattement de 10 %. On peut renoncer à la déduction à l’entrée pour alléger l’impôt à la sortie, ce qui est pertinent quand la TMI est faible.
  • Les erreurs à éviter : verser au-delà du plafond (l’excédent n’est simplement pas déductible) et oublier de déclarer ses versements, ce qui fait perdre la déduction.
  • Bien choisir son contrat : comparez les frais (entrée, gestion, arbitrage) et les supports (fonds euros, unités de compte, gestion pilotée) selon votre horizon et votre profil de risque.

 

Sources