La prime de service dans la fonction publique hospitalière

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La prime de service constitue un complément de rémunération pour certains agents de la fonction publique hospitalière (FPH). Son montant n’est toutefois pas uniforme : il dépend notamment de la note retenue dans l’appréciation du service de l’agent, de son activité et de ses éventuelles absences au cours de l’année.
Le dispositif repose encore aujourd’hui sur un arrêté du 24 mars 1967, régulièrement adapté pour tenir compte des évolutions de la fonction publique hospitalière. Un arrêté du 6 mars 2026 a notamment précisé les règles applicables à la prime de service attribuée au titre de l’année 2025.
Qui peut bénéficier de cette prime ? Comment est-elle calculée ? Quel est l’impact d’un arrêt maladie ? À quelle date est-elle versée ? Voici les principales règles à connaître.
Qu’est-ce que la prime de service dans la FPH ?
Définition, origine et textes officiels
La prime de service est un élément de rémunération attribué à certains personnels hospitaliers en fonction notamment de la note retenue dans l’appréciation de leur service et de leur activité.
Son régime juridique repose principalement sur l’arrêté du 24 mars 1967 relatif aux conditions d’attribution de primes de service aux personnels de certains établissements hospitaliers.
Malgré l’ancienneté de ce texte, le dispositif reste applicable. Il a été modifié à plusieurs reprises, notamment pour tenir compte de la disparition de l’ancien système de notation des fonctionnaires hospitaliers.
Le dernier ajustement en date résulte de l’arrêté du 6 mars 2026. Celui-ci fixe les modalités particulières permettant de calculer la prime attribuée au titre de l’année 2025.
Il convient de distinguer la prime de service d’autres compléments de rémunération susceptibles d’être versés aux professionnels hospitaliers. Elle ne doit notamment pas être confondue avec la prime d’exercice territorial, destinée à certains personnels médicaux exerçant une activité partagée entre plusieurs établissements.
Quels sont les établissements de santé concernés ?
L’arrêté de 1967 vise historiquement les établissements publics d’hospitalisation, de soins ou de cure relevant de son champ d’application.
En pratique, la prime de service concerne les personnels non médicaux éligibles des établissements publics de santé relevant de la fonction publique hospitalière.
Son champ ne doit donc pas être confondu avec celui des dispositifs indemnitaires propres aux personnels médicaux. Les praticiens hospitaliers relèvent notamment de règles spécifiques pour leurs émoluments, leurs gardes et astreintes ou encore certaines primes liées à leurs conditions d’exercice.
À lire également : La rémunération des gardes des praticiens hospitaliers et Astreintes hospitalières : revalorisation et réforme
Qui sont les bénéficiaires de la prime de service ?
Éligibilité des agents titulaires et stagiaires
L’article 1er de l’arrêté du 24 mars 1967 vise notamment les personnels titulaires et stagiaires entrant dans son champ d’application.
L’attribution de la prime n’est toutefois pas automatique. Elle dépend notamment des crédits disponibles, de la note retenue pour l’agent et de son activité. Des règles particulières déterminent également le montant de la prime en présence d’absences au cours de l’année.
Pour le personnel médical, le champ prévu par l’arrêté de 1967 est au contraire extrêmement limité et correspond essentiellement à des situations statutaires historiques. La prime de service ne doit donc pas être présentée comme une prime générale destinée aux praticiens hospitaliers.
Les agents contractuels peuvent-ils percevoir la prime de service ?
Ce point appelle une vigilance particulière.
La rédaction de l’article 1er de l’arrêté du 24 mars 1967 mentionne encore les « agents des services hospitaliers recrutés à titre contractuel ».
Toutefois, le Conseil d’État a jugé, dans une décision du 16 novembre 2009, que les ministres qui avaient adopté l’arrêté de 1967 n’étaient pas compétents pour instaurer cette prime au profit des agents contractuels employés par les établissements publics hospitaliers. Il en résulte que les dispositions de cet arrêté relatives aux contractuels de ces établissements ne peuvent légalement leur être appliquées.
La situation des agents contractuels doit donc être distinguée de celle des fonctionnaires titulaires et stagiaires, malgré la rédaction toujours présente dans le texte historique.
Les conditions d’attribution et critères d’évaluation
Valeur professionnelle : quelle note est prise en compte ?
L’article 3 de l’arrêté de 1967 prévoit historiquement que la prime ne peut être attribuée qu’à un agent ayant obtenu une note au moins égale à 12,5.
Or, la notation chiffrée des fonctionnaires hospitaliers a été remplacée par l’entretien professionnel. Il a donc été nécessaire de prévoir des dispositions transitoires afin de continuer à calculer la prime de service.
Pour la prime attribuée au titre de l’année 2025, l’arrêté du 6 mars 2026 prévoit de prendre en compte la dernière note attribuée à l’agent, à laquelle est appliquée une progression annuelle cumulée d’au moins 1,25 point, définie par l’autorité investie du pouvoir de nomination. La note ainsi obtenue ne peut pas dépasser 25.
La Fédération hospitalière de France (FHF) précise que, pour un agent présent dans l’établissement en 2020, la référence correspond à la note de 2020, augmentée d’au moins 0,25 point pour chacune des années 2021 à 2025, soit une progression cumulée minimale de 1,25 point.
Des règles particulières sont prévues pour les agents arrivés ultérieurement dans l’établissement :
| Année d’affectation | Progression minimale appliquée à la note de référence pour la prime 2025 |
| Agent présent en 2020 | + 1,25 point |
| Affectation en 2021 | + 1 point |
| Affectation en 2022 | + 0,75 point |
| Affectation en 2023 | + 0,50 point |
| Affectation en 2024 | + 0,25 point |
| Affectation en 2025 | Note définie par l’autorité investie du pouvoir de nomination |
Dans tous les cas concernés, la note retenue est plafonnée à 25.
Quel est l’impact de l’assiduité et des absences ?
L’activité effective de l’agent intervient directement dans le calcul.
L’article 3 de l’arrêté prévoit qu’une journée d’absence entraîne en principe un abattement de 1/140e du montant de la prime individuelle.
Toutes les absences n’entraînent cependant pas cet abattement. Le texte prévoit notamment des exceptions pour :
- les congés annuels ;
- les déplacements effectués dans l’intérêt du service ;
- les congés consécutifs à un accident du travail ou à une maladie professionnelle ;
- le congé de maternité.
Une absence de quatre heures est comptabilisée comme une demi-journée et une absence de huit heures comme une journée.
En revanche, le congé de maladie ordinaire peut donner lieu à l’abattement prévu par le texte.
Le Conseil d’État a confirmé en 2023 que cette règle s’appliquait également à un congé maladie lié à une grossesse, lorsqu’il ne relève pas juridiquement du congé de maternité. Cette décision illustre l’importance de la qualification de l’absence dans le calcul de la prime.
Comment calculer le montant de sa prime de service ?
Méthode de calcul et crédits alloués
Le calcul intervient d’abord au niveau de l’établissement.
L’article 2 de l’arrêté du 24 mars 1967 prévoit que le crédit global pouvant être affecté au paiement des primes de service correspond à 7,5 % du montant des crédits effectivement utilisés pour les traitements budgétaires bruts des personnels en fonction pouvant prétendre à la prime.
Dans cette enveloppe, les montants individuels sont ensuite déterminés en fonction de la note retenue pour chaque agent et de son activité.
Il ne faut donc pas interpréter le taux de 7,5 % comme le taux de la prime versée individuellement à chaque professionnel.
7,5 % ou 17 % : quelle différence ?
Les deux pourcentages correspondent à deux mécanismes différents.
7,5 % correspond au taux utilisé pour déterminer l’enveloppe globale pouvant être consacrée aux primes de service par l’établissement.
17 % constitue, pour sa part, le plafond individuel prévu par l’article 3 : la prime d’un agent ne peut pas excéder 17 % de son traitement brut au 31 décembre de l’année au titre de laquelle elle est attribuée.
Un agent ne perçoit donc pas automatiquement une prime égale à 7,5 % ou à 17 % de son traitement.
Comprendre le système détaillé des abattements
Une fois déterminé le montant individuel auquel l’agent peut prétendre, les absences donnant lieu à abattement peuvent venir diminuer la somme effectivement versée.
Prenons un exemple volontairement simplifié.
Un agent se voit attribuer une prime individuelle de 1 400 € avant prise en compte de ses absences. Il comptabilise au cours de l’année 10 journées d’absence donnant lieu à abattement.
L’abattement est alors de : 1 400 × 10/140 = 100 €
La prime versée après cet abattement serait donc de : 1 400 – 100 = 1 300 €.
Cet exemple illustre le mécanisme du 1/140e mais ne permet pas, à lui seul, de déterminer le montant réel de la prime d’un agent, celui-ci dépendant également de l’enveloppe disponible et des modalités d’attribution retenues par l’établissement.
Prime de service 2025 : quelles règles de calcul en 2026 ?
L’arrêté du 6 mars 2026 a reconduit le dispositif transitoire permettant de calculer la prime de service au titre de l’année 2025.
Outre les règles relatives à la note de référence, il prévoit une autre particularité importante : pour calculer l’enveloppe globale de 7,5 %, les crédits correspondant au complément de traitement indiciaire (CTI) ne sont pas intégrés dans les crédits de traitements servant de référence.
Autrement dit, les revalorisations résultant du CTI, instauré dans le cadre du Ségur de la santé, ne viennent pas mécaniquement augmenter l’assiette utilisée pour déterminer l’enveloppe globale de la prime de service.
| Prime 2025 : ce qu’il faut retenir
Pour la prime attribuée au titre de 2025, le dispositif transitoire de notation est maintenu ; la progression cumulée minimale atteint 1,25 point pour un agent dont la note de référence remonte à 2020 ; la note est plafonnée à 25 ; le CTI est exclu de l’assiette servant au calcul du crédit global ; les règles habituelles d’abattement pour absence restent applicables. |
A noter : ces dispositions dérogatoires concernent expressément la prime attribuée au titre de l’année 2025. À ce jour, aucun texte n’a encore fixé de dispositions spécifiques pour la prime de service attribuée au titre de 2026.
Versement, vérification et recours administratifs
À quelle date la prime est-elle versée aux soignants ?
L’arrêté du 24 mars 1967 précise que la prime de service est payable à terme échu. Il ne fixe toutefois pas de date nationale unique de versement applicable à l’ensemble des établissements.
Il faut également distinguer l’année au titre de laquelle la prime est attribuée de la date à laquelle son calcul est finalisé et son versement intervient.
Ainsi, l’arrêté publié en mars 2026 concerne la prime de service attribuée au titre de l’année 2025.
Pour connaître le calendrier retenu dans son établissement, l’agent peut se rapprocher de sa direction des ressources humaines.
Comment vérifier ou contester le montant de sa prime ?
En cas d’interrogation sur le montant versé, plusieurs éléments peuvent être vérifiés : le montant de référence retenu, la note utilisée pour le calcul, le nombre de jours d’absence ayant entraîné un abattement et la nature des absences concernées.
Une erreur dans la qualification d’une absence peut notamment modifier le montant final.
L’agent peut dans un premier temps demander à son établissement les éléments ayant servi au calcul de sa prime et solliciter une rectification s’il constate une erreur.
En cas de désaccord persistant avec une décision administrative individuelle, les voies de recours applicables à la fonction publique peuvent être mobilisées dans les conditions et délais prévus par la réglementation.
Au-delà de la prime de service : les autres indemnités de la FPH
NBI et complément de traitement indiciaire du Ségur
La prime de service n’est qu’un des éléments susceptibles de compléter la rémunération d’un agent hospitalier.
Selon ses fonctions et sa situation, un professionnel peut notamment percevoir une nouvelle bonification indiciaire (NBI) lorsque son emploi ou ses fonctions répondent aux conditions prévues par les textes.
Le complément de traitement indiciaire (CTI) constitue un autre élément de rémunération. Issu des revalorisations du Ségur de la santé, son régime est distinct de celui de la prime de service.
Comme indiqué précédemment, le CTI n’est pas intégré, pour la prime de service attribuée au titre de 2025, dans l’assiette servant à déterminer l’enveloppe globale de 7,5 %.
Travail de nuit, dimanches, gardes et astreintes : des dispositifs distincts
D’autres indemnités peuvent être liées aux contraintes particulières d’exercice : <strong>travail de nuit, dimanche et jours fériés</strong> ou encore, pour les personnels médicaux concernés, <strong>gardes et astreintes</strong>.
Ces éléments répondent à leurs propres règles et ne doivent pas être assimilés à la prime de service.
Pour les personnels médicaux hospitaliers, GPM propose également des décryptages consacrés à la rémunération des gardes des praticiens hospitaliers, aux astreintes hospitalières et à la prime d’exercice territorial.
| Prime de service dans la FPH : l’essentiel à retenir en 5 points
● La prime de service concerne principalement les fonctionnaires titulaires et stagiaires de certains établissements relevant de la fonction publique hospitalière. ● L’enveloppe globale consacrée à cette prime correspond à 7,5 % des crédits effectivement utilisés pour les traitements budgétaires bruts des personnels pouvant en bénéficier. ● La prime attribuée individuellement ne peut pas dépasser 17 % du traitement brut de l’agent au 31 décembre de l’année concernée. ● Certaines absences peuvent réduire son montant : une journée d’absence concernée entraîne en principe un abattement de 1/140e de la prime individuelle. ● Pour la prime attribuée au titre de 2025, un dispositif transitoire spécifique a été reconduit par l’arrêté du 6 mars 2026, notamment pour déterminer la note prise en compte dans le calcul. Source :arrêté du 24 mars 1967 relatif aux conditions d’attribution des primes de service, dans sa version en vigueur depuis le 12 mars 2026. |
Sources officielles et références
- Légifrance – Arrêté du 24 mars 1967 relatif aux conditions d’attribution des primes de service, texte consolidé et articles 1 à 6.
- Légifrance – Article 2 de l’arrêté du 24 mars 1967, relatif notamment à l’enveloppe globale de 7,5 %.
- Légifrance – Article 3 de l’arrêté du 24 mars 1967, relatif notamment au plafond de 17 %, aux absences et aux mutations.
- Légifrance – Article 6 de l’arrêté du 24 mars 1967, modifié par l’arrêté du 6 mars 2026, relatif aux modalités applicables à la prime de service attribuée au titre de l’année 2025.
- Fédération hospitalière de France – « Publication de l’arrêté relatif à la prime de service pour l’année 2025 », 11 mars 2026.
- Conseil d’État – Décision n° 460540 du 7 juin 2023, relative notamment à l’abattement de la prime en cas de congé maladie lié à la grossesse.
- Conseil d’État – Décision n° 321192 du 16 novembre 2009, relative à l’application de l’arrêté de 1967 aux agents contractuels des établissements publics hospitaliers.
Publié le 05/10/2026
Questions les plus fréquentes sur la prime de service dans la FPH
La prime de service compte-t-elle pour le calcul de la retraite ?
L’arrêté de 1967 précise que la prime de service n’est pas soumise à retenue pour pension.
Pour un fonctionnaire, il convient toutefois de distinguer la pension de retraite principale et la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), destinée à prendre en compte, dans certaines limites, les rémunérations accessoires qui ne sont pas intégrées dans le calcul de la pension principale.
La prise en compte d’une prime pour la retraite ne signifie donc pas nécessairement qu’elle augmente le traitement servant au calcul de la pension principale.
Que se passe-t-il en cas de mutation ?
L’arrêté prévoit expressément le cas d’une mutation en cours d’année.
La prime est alors payée proportionnellement à la durée des services accomplis dans chacun des établissements, en tenant compte de la note arrêtée par l’établissement compétent.
Un changement d’établissement en cours d’année ne fait donc pas nécessairement perdre le bénéfice de la prime.
Un arrêt maladie réduit-il la prime de service ?
Oui, un congé de maladie peut entraîner l’abattement de 1/140e prévu par l’arrêté pour chaque journée d’absence concernée.
Certaines absences sont en revanche expressément exclues de cet abattement, notamment le congé de maternité ou le congé consécutif à un accident du travail ou à une maladie professionnelle.
Le congé maternité réduit il la prime de service ?
Non. Le congé de maternité fait partie des absences que l’arrêté exclut expressément du mécanisme d’abattement.
Il faut toutefois distinguer le congé de maternité d’un congé de maladie. Le Conseil d’État a ainsi jugé qu’un congé maladie lié à la grossesse pouvait rester soumis à l’abattement lorsqu’il ne relevait pas juridiquement du congé de maternité.
La prime de service est-elle automatiquement égale à 7,5 % du salaire ?
Non. Le taux de 7,5 % sert à déterminer le crédit global susceptible d’être consacré par l’établissement au paiement des primes. Il ne correspond pas au taux individuel appliqué au salaire de chaque agent.
La prime de service peut-elle atteindre 17 % du traitement ?
L’article 3 prévoit que le montant individuel de la prime ne peut pas dépasser 17 % du traitement brut de l’agent au 31 décembre de l’année concernée.
Un agent contractuel peut-il bénéficier de la prime de service ?
La rédaction historique de l’arrêté de 1967 mentionne des agents contractuels. Toutefois, le Conseil d’État a jugé en 2009 que ces dispositions ne pouvaient légalement s’appliquer aux agents contractuels employés par les établissements publics hospitaliers.
Il convient donc de ne pas déduire de la seule lecture de l’article 1er de l’arrêté que l’ensemble des contractuels de la FPH peuvent bénéficier de la prime.
Qu'en est-il d'un agent travaillant à temps partiel ?
Le montant de la rémunération et des éléments indemnitaires d’un agent à temps partiel dépend de sa quotité de travail et des règles applicables à sa situation. Pour connaître précisément l’incidence du temps partiel sur sa prime de service, il convient de vérifier le calcul réalisé par l’établissement employeur, notamment au regard du service effectivement accompli et des règles locales de répartition de l’enveloppe.
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