DPC des professionnels de santé : comment évoluent les pratiques de formation ?

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Se former tout au long de sa carrière fait partie des obligations des professionnels de santé. Mais les modalités du développement professionnel continu (DPC) ont profondément évolué ces dernières années. Formation à distance, évaluation des pratiques professionnelles, programmes intégrés : le bilan de la période 2023-2025 publié par l’Agence nationale du DPC (ANDPC) témoigne de nouvelles façons de se former.
Au total, 282 848 professionnels de santé se sont engagés dans le dispositif entre 2023 et 2025 et ont réalisé 794 487 inscriptions, soit une progression de 22,9 % par rapport à la période 2020-2022.
Cette évolution accompagne une transformation plus générale du DPC. Les formats à distance se sont durablement installés, tandis que l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP)et les programmes intégrés prennent une place croissante aux côtés de la formation continue.
Qu’est-ce que le développement professionnel continu (DPC) ?
Le développement professionnel continu est un dispositif de formation réglementé qui accompagne les professionnels de santé tout au long de leur exercice.
Il poursuit plusieurs objectifs complémentaires : maintenir et actualiser les connaissances et les compétences, améliorer les pratiques professionnelles et contribuer à la qualité et à la sécurité des soins.
Une obligation triennale pour les professionnels de santé
Le DPC constitue une obligation individuelle pour les professionnels de santé. Pour satisfaire à cette obligation, le professionnel doit suivre, sur une période de trois ans, un parcours comprenant au moins deux types d’actions différents répondant aux orientations prioritaires du DPC.
Le suivi du parcours est retracé dans un document de traçabilité permettant au professionnel de rendre compte du respect de son obligation auprès de l’autorité chargée de son contrôle.
Il faut toutefois distinguer l’obligation de DPC de son financement par l’ANDPC. L’Agence prend notamment en charge le DPC de dix professions de santé libérales conventionnées et des professionnels salariés exerçant dans les centres de santé conventionnés.
Formation continue, évaluation des pratiques et gestion des risques : que comprend le DPC ?
Le DPC ne se limite pas à assister à une formation.
Les actions peuvent relever de la formation continue, de l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) ou de la gestion des risques. Des programmes intégrés permettent également d’associer plusieurs de ces dimensions dans un même parcours.
L’objectif peut donc être aussi bien d’acquérir ou d’actualiser des connaissances que d’analyser sa propre pratique professionnelle afin d’identifier des pistes d’amélioration.
Une participation en hausse entre 2023-2025
L’ANDPC constate une montée en charge progressive du dispositif depuis sa réforme en 2016. Sur le dernier triennal, le nombre de professionnels engagés comme le nombre d’inscriptions ont progressé.
Près de 283 000 professionnels de santé engagés dans le DPC
Au total, 282 848 professionnels se sont engagés entre 2023 et 2025.
Sur la seule année 2025, 184 960 professionnels de santé éligibles au financement de l’Agence se sont inscrits à au moins une action de DPC, soit 43 % de la population éligible. Ils ont réalisé 294 327 inscriptions.
Ces chiffres doivent cependant être distingués du respect de l’obligation triennale: dans ses statistiques, l’ANDPC considère comme « engagé » un professionnel ayant ouvert un compte DPC et s’étant inscrit à au moins une action.
Un engagement particulièrement important des médecins
Les médecins constituent une part importante des professionnels engagés dans le dispositif.
Sur le triennal 2023-2025, 66 513 médecins se sont engagés dans le DPC, pour un total de 258 634 inscriptions.
Cela représente 60,1 % des médecins éligibles au financement de l’Agence. Chaque médecin engagé a réalisé en moyenne 3,89 inscriptions sur les trois années.
Pour la seule année 2025, 93 291 inscriptions de médecins ont été enregistrées.
Le distanciel s’installe durablement dans les pratiques de formation
La transformation ne concerne pas seulement le nombre de professionnels formés. Elle porte également sur la manière dont ils se forment.
La crise sanitaire a accéléré une évolution déjà engagée : le recours aux formations à distance.
Des professionnels de santé de plus en plus attirés par les formations à distance
L’ANDPC considère désormais que les formats à distance se sont durablement installés dans les pratiques de formation. Les dispositifs mixtes, qui associent plusieurs modalités pédagogiques, se sont également développés.
Cette évolution permet notamment d’adapter plus facilement la formation aux contraintes d’organisation des professionnels de santé.
Chez les médecins, le présentiel devient minoritaire
La tendance est particulièrement visible chez les médecins.
En 2025, 48,3 % de leurs inscriptions concernent des actions non présentielles, contre 46,7 % en 2024. Les formats mixtes représentent parallèlement 31 % des inscriptions.
Le présentiel représente ainsi moins d’une inscription sur cinq chez les médecins.
Le DPC évolue vers davantage d’évaluation des pratiques professionnelles
L’autre transformation importante concerne le contenu même des parcours.
La formation continue, historiquement dominante, laisse progressivement davantage de place à l’évaluation des pratiques professionnelles et aux programmes intégrés.
La formation continue n’est plus la seule modalité privilégiée
L’ANDPC qualifie le triennal 2023-2025 d’inflexion importante. L’offre de DPC s’est diversifiée et les professionnels recourent désormais davantage aux programmes intégrés et aux démarches d’EPP.
Chez les médecins, la formation continue ne représente plus que 31,1 % des inscriptions en 2025.
L’essor de l’EPP et des programmes intégrés
En 2025, les médecins ont réalisé 13 169 inscriptions à des actions d’EPP, soit 14,1 % de leurs inscriptions, contre 8,8 % en 2024.
Les programmes intégrés occupent une place encore plus importante avec 50 808 inscriptions, soit plus de la moitié des 93 291 inscriptions de médecins recensées dans l’année.
Cette évolution traduit une conception plus large de la formation professionnelle : il ne s’agit plus seulement d’actualiser ses connaissances, mais également d’interroger ses pratiques et de les faire évoluer.
Des exigences renforcées concernant la qualité des formations
La croissance du DPC s’est accompagnée d’un renforcement des conditions imposées aux organismes et aux actions proposées.
Comment les actions de DPC sont-elles contrôlées ?
Au 31 décembre 2025, 2 842 organismes étaient enregistrés et habilités à proposer des actions de DPC.
L’accès au dispositif est toutefois sélectif. Parmi les demandes d’enregistrement examinées en 2025, seules 35,2 % ont été acceptées par l’Agence.
Ces contrôles s’inscrivent dans un dispositif financé sur fonds publics et soumis à des exigences scientifiques, méthodologiques et réglementaires.
Un marché qui se concentre autour d’organismes spécialisés
Parallèlement, le paysage des organismes de DPC s’est profondément recomposé.
Le nombre d’organismes effectivement actifs est passé de 1 732 entre 2017 et 2019 à 974 sur le triennal 2023-2025. Les sociétés commerciales représentent désormais 50,8 % de ces organismes actifs.
Leur poids économique est encore plus important : elles concentrent près de 86 % des frais pédagogiques financés par l’Agence et représentent 70 % des actions sollicitées.
Groupe Pasteur Mutualité : un engagement dans la formation des professionnels de santé
Pour Groupe Pasteur Mutualité, accompagner les professionnels de santé ne se limite pas à assurer leur protection.
Créé et administré par des professionnels de santé, le Groupe accompagne aujourd’hui 158 000 adhérents et 200 000 personnes protégées. Il se définit comme un acteur global de la protection, de l’accompagnement et du bien-être des soignants. Son action couvre ainsi l’assurance, mais également la prévention et la promotion de la santé des soignants, la formation et le développement des compétences ou encore l’innovation en santé.
La formation s’inscrit pleinement dans cet écosystème construit autour des professionnels de santé.
EDUPRAT, premier organisme de DPC en 2025 selon les montants engagés par l’ANDPC
Le rapport 2025 de l’ANDPC illustre la place prise par EDUPRAT dans le paysage de la formation des professionnels de santé.
Avec 13,4 millions d’euros de frais pédagogiques engagés par l’Agence en 2025 EDUPRAT arrive en tête du classement des organismes de DPC selon ce critère, représentant à lui seul 8,8 % des montants engagés.
Cette première place n’est pas nouvelle : EDUPRAT occupait déjà la tête du classement en 2024.
Ce résultat intervient dans un marché fortement concentré : chez les médecins, les 50 premiers organismes sur les 288 ayant enregistré des inscriptions en 2025 concentrent 87,1 % des montants engagés par l’Agence.
Créé en 2013 par un collège de médecins hospitaliers et libéraux, EDUPRAT s’appuie sur un réseau de concepteurs et de formateurs issus du monde de la santé. Son offre couvre de nombreuses thématiques médicales et différents formats pédagogiques. Groupe Pasteur Mutualité présente aujourd’hui EDUPRAT comme son partenaire pour les cursus scientifiques « au cœur des pratiques et des prises en charge de demain ».
De M-Soigner à EDUPRAT : la formation au sein de l’écosystème GPM
Le partenariat entre Groupe Pasteur Mutualité et EDUPRAT s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs années.
Groupe Pasteur Mutualité dispose en effet de son propre organisme de formation, M-Soigner Formation, agréé par l’ANDPC et certifié Qualiopi. Ses formations sont destinées aux médecins comme aux professions paramédicales. Elles sont notamment consacrées à la prévention des risques psychosociaux et au bien-être des professionnels : prévention de l’épuisement professionnel, stress, fatigue, troubles du sommeil, management des équipes ou qualité de vie au travail.
Cette orientation correspond à un positionnement plus large du Groupe : participer au « bien-être et à l’épanouissement de tous les professionnels de santé », en intervenant notamment dans la prévention, la formation et le développement des compétences.
Le rapprochement avec EDUPRAT, engagé en 2021, a permis d’associer deux expertises complémentaires. D’un côté, M-Soigner développe notamment une approche centrée sur la prévention et la santé des soignants. De l’autre, EDUPRAT propose des cursus scientifiques consacrés aux pratiques médicales et aux prises en charge des patients.
Dès la mise en place du partenariat, Groupe Pasteur Mutualité mettait en avant une volonté de créer des synergies, de co-construire de nouvelles formations et d’accompagner les professionnels face aux transformations de leur exercice : pluriprofessionnalité, exercice coordonné, parcours de soins ou nouvelles organisations territoriales.
Le Groupe résume aujourd’hui cette ambition par un positionnement qui dépasse la seule protection assurantielle : « Nous sommes partenaire de la formation médicale continue ». Son écosystème de formation propose plus de 400 cursus validants, accessibles en présentiel, en classe virtuelle ou en e-learning.
Former, prévenir et accompagner : une approche globale de la santé des soignants
Cette politique de formation s’articule avec les autres initiatives développées par Groupe Pasteur Mutualité autour de la santé et du bien-être des professionnels.
Villa M constitue notamment un écosystème consacré à la prévention et à l’innovation en santé, associant programmes de prévention, activités et événements santé et accompagnement de l’innovation. Le Groupe soutient également des dispositifs consacrés à la santé physique et mentale des soignants, parmi lesquels le Programme M ou des actions de prévention de l’épuisement professionnel.
La formation constitue ainsi l’une des composantes d’un accompagnement plus global : protéger les professionnels de santé face aux risques auxquels ils sont exposés, mais également contribuer au développement de leurs compétences, à la prévention de leur propre santé et à l’évolution de leurs pratiques.
Quel avenir pour le DPC en 2027 ?
Le bilan de la période 2023-2025 intervient dans un contexte institutionnel particulier : le Gouvernement a décidé de transférer la gestion du service public aujourd’hui assurée par l’Agence nationale du DPC à d’autres gestionnaires.
Cette évolution institutionnelle ne signifie toutefois pas la disparition du développement professionnel continu.
Les orientations prioritaires prolongées jusqu’en 2027
Afin d’assurer la continuité du dispositif, les orientations nationales prioritaires du DPC prévues pour le triennal 2023-2025 ont été prolongées pour 2026 puis 2027.
Plusieurs fiches de cadrage ont parallèlement été actualisées. Elles concernent notamment la prise en charge de la douleur, les maladies neurodégénératives, le numérique en santé, la prévention ou encore le bon usage des médicaments.
La disparition annoncée de l’ANDPC ne signifie pas la disparition du DPC
Le changement annoncé porte sur l’organisation et la gestion du dispositif, et non sur le principe du DPC lui-même.
Dans son rapport, l’Agence indique que ses futurs gestionnaires auront vocation à assurer les mêmes missions et souligne la nécessité de maintenir les exigences scientifiques et méthodologiques, le contrôle de la qualité des actions et la sécurisation de l’utilisation des fonds publics.
Après trois triennaux, le DPC apparaît ainsi engagé dans une nouvelle phase : davantage de formations à distance, une place croissante accordée à l’évaluation des pratiques et des exigences renforcées concernant la qualité des actions proposées.
Des transformations auxquelles les organismes de formation doivent eux-mêmes s’adapter pour continuer à accompagner l’évolution des pratiques et des métiers de la santé.
Essentiel à retenir — 6 points clés sur le développement professionnel continu
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Sources :
- Agence nationale du développement professionnel continu, Rapport d’activité 2025 et bilan triennal 2023-2025, juillet 2026
Publié le 21/09/2026