<

FFI médecine : tout savoir sur le statut de Faisant Fonction d’Interne

FFI médecine : tout savoir sur le statut de Faisant Fonction d'Interne

Temps de lecture : 6 min

 

Le statut de FFI en médecine occupe une place essentielle dans le fonctionnement des hôpitaux français. Souvent discret, parfois mal compris, il concerne pourtant de nombreux médecins qui assurent une activité clinique indispensable au quotidien. Qu’est-ce qu’un Faisant Fonction d’Interne ? Quelles sont ses missions, sa rémunération et les conditions pour accéder à ce poste ? Voici un tour d’horizon complet de ce statut méconnu mais ô combien crucial pour le système de santé français.

 

Qu’est-ce qu’un FFI en médecine ?

Le terme « statut » utilisé couramment lorsque l’on parle du FFI est impropre juridiquement. Le FFI n’est pas un statut hospitalier autonome au sens du Code de la santé publique, mais une fonction ou une modalité d’affectation sur des postes d’internes non pourvus (articles R.6153-41 et R.6153-42 du Code de la santé publique).

 

Définition du Faisant Fonction d’Interne

Un Faisant Fonction d’Interne (FFI) est un médecin recruté dans un cadre contractuel (notamment comme praticien contractuel ou praticien associé) par un établissement de santé pour exercer des missions proches de celles d’un interne, sans pour autant bénéficier du statut universitaire d’interne issu des Épreuves Classantes Nationales (ECN). Cette distinction administrative n’enlève rien à l’importance de leur travail. Concrètement, le FFI participe pleinement à l’activité médicale du service : consultations, suivi des patients, gardes, prescriptions. Il devient un maillon essentiel de la chaîne de soins.

Ce statut est souvent utilisé pour répondre à des besoins ponctuels ou structurels, notamment dans les services confrontés à un manque d’effectifs médicaux. Dans un contexte de pénurie médicale croissante dans certaines régions et certaines spécialités, les FFI représentent une solution pragmatique. Ils permettent aux services hospitaliers de maintenir une continuité des soins de qualité, même lorsque le nombre d’internes disponibles s’avère insuffisant.

 

Différences entre FFI, interne et PADHUE

En résumé :

Comprendre ces nuances est fondamental pour saisir la place du FFI dans l’écosystème hospitalier français.

L’interne est un médecin en formation spécialisée, inscrit dans un cursus universitaire. Il a réussi les ECN et suit un parcours structuré de plusieurs années, alternant stages et enseignements théoriques. Son statut est protégé et sa formation encadrée par des textes officiels.

Le FFI, quant à lui, est recruté sur contrat, hors parcours de formation diplômante. Il ne bénéficie donc pas du même cadre universitaire que l’interne. Son contrat est établi directement avec l’établissement hospitalier, sans médiation du système universitaire. Cette situation constitue une réalité organisationnelle au sein des établissements de santé, sans constituer une qualification juridique intermédiaire entre interne et praticien hospitalier.

Le PADHUE est un médecin diplômé hors Union européenne, soumis à un parcours spécifique de reconnaissance des diplômes et d’autorisation d’exercice en France. Il s’agit d’une catégorie administrative. Le PADHUE ne constitue pas un statut d’exercice en tant que tel. Dans la pratique hospitalière, de nombreux PADHUE exercent temporairement des fonctions de faisant fonction d’interne, dans un cadre contractuel et transitoire de praticien associé, sans que ces deux notions ne se confondent juridiquement.

 

Quelles sont les conditions pour devenir FFI ?

Le FFI a des responsabilités cliniques réelles. Cette situation présente des avantages et des inconvénients qu’il convient d’examiner attentivement avant de s’engager dans cette voie.

 

Diplômes et qualifications nécessaires

Pour exercer en tant que FFI en médecine, il est nécessaire de disposer d’un diplôme de médecine ou d’un titre équivalent permettant d’exercer au moins temporairement en France.

La maîtrise du français, tant à l’oral qu’à l’écrit, est indispensable, compte tenu de la relation directe avec les patients et les équipes soignantes. Un médecin doit pouvoir communiquer efficacement avec des personnes souvent en situation de vulnérabilité. Les nuances linguistiques, les termes médicaux précis et la capacité à rassurer sont autant d’éléments qui nécessitent une excellente maîtrise de la langue.

 

La procédure de candidature et d’affectation

Lorsque des postes d’internes ne sont pas pourvus à l’issue des procédures normales d’affectation, le Code de la santé publique prévoit qu’ils peuvent être attribués à d’autres personnes remplissant des conditions définies par voie réglementaire.

Sur le plan juridique, ces postes peuvent notamment être affectés à des étudiants en médecine ou à de jeunes médecins ressortissants de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen remplissant les conditions prévues par l’article R.6153-42 du Code de la santé publique. Ces étudiants relèvent toutefois du régime de l’internat et s’inscrivent dans un parcours de formation, y compris lorsqu’ils accèdent à ces postes à titre transitoire.

En pratique, le recours aux « faisant fonction d’interne » concerne principalement des médecins déjà diplômés, recrutés hors du troisième cycle universitaire dans un cadre contractuel, le plus souvent des médecins diplômés hors Union européenne engagés dans une procédure d’autorisation d’exercice.

Il n’existe pas de procédure nationale unique. Le recrutement se fait localement, à l’initiative des hôpitaux. Cette décentralisation offre une certaine flexibilité mais peut aussi rendre la recherche d’opportunités plus complexe pour les candidats.

La candidature repose généralement sur un CV médical détaillé, incluant l’ensemble des expériences cliniques, les diplômes et attestations officiels, et une lettre de motivation ciblée sur le service. Contrairement à certaines idées reçues, la lettre de motivation revêt une importance capitale. Elle permet au candidat de démontrer sa connaissance du service, sa motivation spécifique et son projet professionnel.

L’affectation dépend des besoins du service et de l’accord de la direction hospitalière. Les périodes de recrutement peuvent varier selon les établissements et les spécialités. Certains services recrutent en continu, tandis que d’autres privilégient des campagnes saisonnières, notamment en début d’année universitaire.

 

Missions et responsabilités d’un FFI à l’hôpital

 

Activités médicales et responsabilités cliniques

Le FFI en médecine est pleinement intégré à l’équipe médicale. Il prend en charge des patients, participe aux visites, prescrit examens et traitements, et contribue à la continuité des soins. Sa journée type peut commencer par une transmission avec l’équipe de nuit, se poursuivre par des visites auprès des patients hospitalisés, puis par des admissions aux urgences ou en consultation.

Selon la spécialité, il peut également intervenir aux urgences, en hospitalisation ou en consultation. En chirurgie, le FFI peut assister aux interventions et assurer le suivi post-opératoire. En médecine interne, il gère souvent des pathologies complexes nécessitant une coordination pluridisciplinaire. Chaque spécialité offre son lot de défis et d’apprentissages.

 

Encadrement, supervision et autonomie

Le FFI exerce toujours sous la responsabilité d’un médecin senior. Cette supervision constitue à la fois un filet de sécurité et une opportunité d’apprentissage. Toutefois, son niveau d’autonomie varie considérablement d’un service à l’autre.

Un FFI expérimenté peut rapidement gagner en indépendance, tout en restant supervisé. Cette progression dépend à la fois du service, de la charge de travail et de l’expérience préalable du médecin. Dans certains établissements, notamment en zone sous-dense, le FFI peut se voir confier des responsabilités importantes dès les premières semaines. À l’inverse, dans les CHU à forte densité médicale, l’encadrement peut être plus rapproché et la montée en autonomie plus progressive.

 

Rôle administratif et relationnel auprès des patients et de l’équipe

Au-delà des soins, le FFI participe à la gestion administrative des dossiers médicaux et à la coordination avec les équipes paramédicales. La rédaction de comptes rendus, la prescription d’examens complémentaires, la coordination avec les laboratoires ou les services d’imagerie font partie intégrante du quotidien.

Il joue également un rôle central dans la relation avec les patients, en expliquant les diagnostics, les traitements et les parcours de soins. Cette dimension humaine du métier ne doit pas être sous-estimée. Un FFI passe une part significative de son temps à écouter, rassurer, expliquer. C’est dans ces moments que se construit la confiance thérapeutique, élément fondamental de la prise en charge médicale.

 

Combien gagne un FFI en médecine ?

La question de la rémunération est naturellement au cœur des préoccupations de tout candidat. La rémunération d’un FFI en médecine dépend de plusieurs facteurs : ancienneté, établissement, nombre de gardes effectuées.

Sur le plan des émoluments de base, les établissements se réfèrent très souvent, en pratique, aux émoluments forfaitaires des internes prévus par arrêté ministériel. Ces montants sont fixés par les textes relatifs aux internes et aux personnels exerçant des fonctions assimilées.

À titre indicatif, les émoluments bruts mensuels d’un interne se situent, selon l’année de formation, dans une fourchette d’environ 1 700 € à 2 000 € bruts par mois hors gardes (montants issus des arrêtés ministériels fixant la rémunération des internes, régulièrement revalorisés). Lorsqu’un FFI est rémunéré par référence à ces dispositions, on se situe généralement dans cet ordre de grandeur pour la part fixe.

S’y ajoutent les indemnités de permanence des soins, prévues par les textes réglementaires applicables aux personnels médicaux hospitaliers : gardes de nuit, de week-end et de jours fériés. Le montant dépend du nombre de gardes effectuées, de leur nature et de l’organisation locale de la permanence des soins. En pratique, un FFI effectuant régulièrement des gardes peut percevoir plusieurs centaines d’euros supplémentaires par mois, voire davantage dans les services fortement sollicités.

En conséquence, il est possible d’indiquer, avec toutes les précautions nécessaires, qu’un FFI perçoit un revenu mensuel brut global généralement compris, selon les situations, entre environ 2 000 € et 3 000 €, voire davantage dans certains contextes de forte activité de garde. Cette fourchette reste indicative et dépend étroitement du contrat, de l’établissement et du volume de permanence des soins.

Il convient également de noter que certains établissements proposent des avantages en nature : logement, restauration, accès facilité à la formation continue. Ces éléments, bien que difficiles à chiffrer précisément, contribuent à améliorer les conditions d’exercice et peuvent compenser une rémunération de base plus modeste.

 

Comment obtenir un poste de FFI en médecine ?

 

Où chercher les offres et candidater ?

Les postes de FFI médecine ne sont pas toujours publiés de manière formalisée. Cette absence de plateforme centralisée peut dérouter les candidats habitués à des procédures plus standardisées. Il est donc conseillé de consulter les sites des hôpitaux et CHU, activer son réseau professionnel, et contacter directement les chefs de service.

La démarche proactive est souvent déterminante. N’hésitez pas à envoyer des candidatures spontanées, à participer aux congrès et journées de formation où vous pourrez rencontrer des praticiens hospitaliers. Le bouche-à-oreille joue un rôle important dans ce milieu. Parfois, un simple stage ou une conversation informelle peut déboucher sur une opportunité.

 

Choix du service et de l’hôpital

Tous les postes de FFI ne se valent pas. Certains offrent une expérience clinique très riche, d’autres une charge de travail plus modérée. Il est important de se renseigner en amont sur l’encadrement, les conditions de travail et l’ambiance du service.

Posez les bonnes questions lors de vos entretiens. Quel est le ratio médecins-patients ? Quelle est la fréquence des gardes ? Existe-t-il des temps de formation ? L’équipe est-elle bienveillante avec les nouveaux arrivants ? Ces aspects peuvent faire toute la différence entre une expérience enrichissante et une période professionnellement difficile.

 

Durée du contrat et renouvellement possible

Les contrats de FFI sont le plus souvent conclus pour 6 à 12 mois, avec une possibilité de renouvellement. Cette durée relativement courte offre de la flexibilité mais peut aussi générer une certaine précarité.

Pour beaucoup de médecins, le statut de FFI constitue une étape transitoire, permettant d’acquérir une expérience hospitalière en France ou de préparer une évolution professionnelle. Certains y voient un tremplin vers l’internat après réussite aux concours, d’autres une opportunité de découvrir différentes spécialités avant de s’orienter définitivement. D’autres encore utilisent cette expérience pour valider leur projet d’installation en libéral ou pour constituer un réseau professionnel solide.

Le statut de FFI, bien que temporaire, représente une véritable opportunité de développement professionnel et personnel dans le parcours d’un médecin.

 

Sources et annexes :

Code de la santé publique – articles R.6153-41 à R.6153-45
Définissent les conditions d’affectation sur les postes d’internes non pourvus et les personnes susceptibles d’y être affectées, dont les faisant fonction d’interne.

Code de la santé publique – articles R.6153-10 et D.6153-10-1
Fixent les principes de rémunération des internes et renvoient aux arrêtés ministériels pour les émoluments et indemnités applicables.

Arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments, rémunérations ou indemnités des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques exerçant leurs fonctions dans les établissements publics de santé, modifié par l’arrêté du 29 juin 2023

Enquête de l’ISNI sur les salaires à l’hôpital : https://isni.fr/tout-sur-le-statut-de-linterne/les-emoluments-de-linterne/

Article de Processrh : https://processrh.com/le-statut-de-faisant-fonction-dinterne-conditions-et-responsabilites/

Article BNDS : https://www.bnds.fr/edition-numerique/dictionnaire/ffi.html – :~:text=art.,contenant%20des%20substances%20v%C3%A9n%C3%A9neuses%20(art.

Article Mid journey et What’s up Doc : https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/ffi-les-medecins-fantomes-de-lhopital

Article D.6153-10-1 du Code de la santé publique : Article D6153-10-1 – Code de la santé publique – Légifrance

Articles recommandés

> Etudiants > Jeunes pros

Docteur Junior : qu’est-ce que c’est et comment ça fonctionne ?

Temps de lecture : 9 min   La réforme du troisième cycle des études de médecine (R3C), initiée en 2017, […]

Lire la suite

> Santé

Réforme des EVC 2025 pour les médecins PADHUE : entre avancées réglementaires et points de vigilance

Temps de lecture : 5min   Après une grève de la faim lancée en mars 2025, deux décrets sont venus […]

Lire la suite

> Médical

L’intégration des médecins diplômés hors de l’Union européenne (PADHUE)

Estimation du temps de lecture : 5 min   En France, le système de santé intègre des médecins titulaires de […]

Lire la suite

Voir tout le blog