Les évolutions récentes de la profession d’infirmier : reconnaissance accrue et nouveaux droits

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Une profession en pleine transformation
La profession d’infirmier connaît une évolution majeure avec l’adoption de nouvelles dispositions renforçant son rôle dans l’accès aux soins et la prise en charge des patients. Entre l’ouverture à l’accès direct pour les infirmiers en pratique avancée (IPA) et la reconnaissance du diagnostic infirmier, ces avancées traduisent une volonté de donner davantage d’autonomie aux infirmiers et d’améliorer la réponse aux besoins de santé.
Ces réformes s’inscrivent dans un contexte où le système de santé français fait face à des défis importants : difficultés d’accès aux soins, vieillissement de la population et pénurie de médecins. En reconnaissant et en élargissant les compétences des infirmiers, les pouvoirs publics misent sur ces professionnels de santé pour renforcer le maillage territorial et optimiser la prise en charge des patients.
L’accès direct aux infirmiers en pratique avancée : une avancée majeure
Le décret n°2025-55 du 20 janvier 2025, publié au Journal officiel du 21 janvier 2025, entérine une avancée significative pour les infirmiers en pratique avancée (IPA). Désormais, ces professionnels peuvent être consultés directement par les patients, sans passer par un médecin.
Une meilleure réponse aux besoins des patients chroniques
Jusqu’à présent, les IPA intervenaient uniquement sur orientation médicale. Ce décret leur permet désormais d’accueillir des patients en accès direct, une mesure essentielle pour les centaines de milliers de personnes atteintes de pathologies chroniques et ne disposant pas de médecin traitant.
L’accès direct aux IPA concerne les professionnels exerçants :
- Dans les établissements de santé ;
- Dans les établissements et services médico-sociaux ;
- Dans les structures d’exercice coordonné, telles que les maisons et centres de santé, ainsi que les équipes de soins primaires et spécialisés.
Cette évolution renforce leur rôle en leur permettant :
- D’assurer le suivi des patients qui les consultent directement ou qui leur sont confiés par un médecin ;
- De contribuer à l’élaboration du diagnostic et aux choix thérapeutiques ;
- De prescrire certains produits de santé et prestations, sous réserve de la publication d’un arrêté précisant la liste des actes concernés.
Par ailleurs, le décret supprime le protocole d’organisation entre les IPA et les médecins, ce qui allège les contraintes administratives et favorise un exercice plus autonome.
Une avancée saluée par l’Ordre National des Infirmiers
L’Ordre National des Infirmiers a largement soutenu cette réforme, qui concrétise une des dispositions de la loi du 19 mai 2023 visant à améliorer l’accès aux soins par une plus grande confiance accordée aux professionnels de santé.
Sylvaine Mazière-Tauran, présidente du Conseil national de l’Ordre des Infirmiers, s’est félicitée de cette avancée : « Il s’agit d’une avancée importante pour les patients. Elle s’inscrit dans l’évolution souhaitable des compétences infirmières et du rôle des infirmiers dans notre système de santé. »
L’Ordre reste en attente de la publication de l’arrêté ministériel qui viendra préciser la liste des produits de santé et des prestations que les IPA seront autorisés à primo-prescrire.
La proposition de loi sur la profession d’infirmier : reconnaissance et nouveaux droits
En complément de cette réforme, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi qui acte plusieurs évolutions majeures pour la profession d’infirmier.
Les nouvelles missions des infirmiers
Le texte adopté redéfinit officiellement les missions des infirmiers et leur confère de nouvelles compétences.
Parmi les principales avancées :
- La reconnaissance de la consultation infirmière et du diagnostic infirmier : les infirmiers pourront désormais poser un diagnostic dans leur domaine de compétences, un acte jusqu’ici réservé aux médecins.
- L’intégration de l’orientation des patients parmi leurs missions : les infirmiers pourront orienter directement les patients vers les structures de soins adaptées.
- Une meilleure reconnaissance des soins relationnels, qui constituent une part essentielle du métier infirmier.
- La sécurisation des nouvelles compétences infirmières, pour éviter toute confusion avec l’exercice illégal de la médecine.
Un enjeu stratégique pour le système de santé
Cette proposition de loi vise à renforcer l’attractivité du métier d’infirmier en lui donnant plus de reconnaissance et de responsabilités. Elle s’inscrit dans une réponse aux défis posés par la désertification médicale et la nécessité d’optimiser le parcours de soins des patients.
Avec près de 600 000 infirmiers en exercice en France, dont 16,5% en libéral, ces professionnels sont un maillon essentiel du système de santé. En leur donnant davantage d’autonomie, cette réforme ambitionne d’améliorer l’offre de soins, notamment dans les territoires les plus fragiles.
L’Ordre National des Infirmiers appelle désormais les sénateurs à examiner rapidement ce texte afin qu’il puisse entrer en vigueur dès 2026.
Vers un nouveau modèle de soins fondé sur l’autonomie infirmière
Ces évolutions récentes traduisent une transformation en profondeur du rôle des infirmiers dans le système de santé. Entre l’élargissement de leurs prérogatives et la reconnaissance de leur expertise, ces réformes visent à mieux répondre aux besoins de la population tout en valorisant le métier d’infirmier.
L’accès direct aux IPA, combiné à la reconnaissance de la consultation et du diagnostic infirmier, constitue une avancée majeure qui pourrait ouvrir la voie à d’autres réformes dans les années à venir. L’enjeu est désormais d’assurer une mise en œuvre rapide et efficace de ces mesures, pour garantir un accès aux soins optimisé et renforcer la place des infirmiers dans l’offre de santé en France.
Publié le 19/05/2025