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Démographie Infirmière en France : Chiffres Clés et Enjeux de la Profession

Démographie Infirmière en France : Chiffres Clés et Enjeux de la Profession

Estimation du temps de lecture : 5 min

 

La profession infirmière en France connaît des évolutions marquées ces dernières années tant sur le plan démographique que professionnel. Si le nombre d’infirmières a bien progressé, cette croissance montre aujourd’hui des signes d’essoufflement. Parallèlement, le métier reste majoritairement exercé par les femmes, et les choix de carrière restent stables. Face à des défis tels que l’augmentation des abandons ou l’émergence des infirmières en pratique avancée, le secteur est en quête d’adaptations pour répondre aux besoins croissants de santé publique et garantir une offre de soins sur tout le territoire.

 

La hausse des effectifs infirmiers marque le pas

En 2021, près de 600 milles infirmières exerçaient en France. Leur nombre a progressé de 10% en huit ans. Cette hausse a néanmoins ralenti ces dernières années.

Plus de 83% des infirmières sont salariées (secteur privé ou hospitalier). Leur nombre a progressé de 7% entre 2013 et 2021, contre 29% de hausse pour les infirmières libérales (IDEL) qui gagnent 2,4 points et représentent désormais 16,5% de la profession.

 

Evolution de la démographie des infirmières (sources : Drees)

85,9% 14,1% 2013 85,5% 14,5% 2014 85,1% 14,9% 2015 84,8% 15,2% 2016 84,4% 15,6% 2017 84,1% 15,9% 2018 83,8% 16,2% 2019 83,8% 16,2% 2020 83,5% 16,5% 2021 544 632 554 913 563 672 575 180 580 445 584 948 590 518 599 381 598 915 Infirmières salariées Infirmières libérales TOTAL

 

Une profession majoritairement féminine

Le métier d’infirmier est très majoritairement exercé par les femmes, qui représentent 87% des salariés et un peu moins chez les IDEL (82%).

Sex ratio chez les infirmiers (source : Drees)

Femmes Hommes 12% 88% 17% 83% 13% 87% 18% 82% Salariées Libérales Salariées Libérales 2013 2021

 

Le sex ratio est globalement le même au sein de toutes les générations d’infirmiers, qu’elles soient salariées ou libérales.

 

Sex ratio par âge

Sex ratio par âge chez les IDEL Femmes Hommes 18% 82% 18% 82% 19% 81% 16% 84% 17% 83% 23% 77% <30 ans 30-39 ans 40-49 ans 50-59 ans 60-64 ans >=65 ans Sex ratio par âge chez les infirmières salariées Femmes Hommes 12% 88% 13% 87% 13% 87% 12% 88% 13% 87% 20% 80% <30 ans 30-39 ans 40-49 ans 50-59 ans 60-64 ans >=65 ans

 

 

Les infirmières salariées plus jeunes que celles exerçant en libéral

En 2021, les infirmières âgées de moins de 40 ans représentaient près de la moitié des salariées. Chez les IDEL, cette catégorie d’âge comptait pour un tiers « seulement ».

IDEL infirmières salariées répartition par âge
Parallèlement, le nombre d’infirmières de 60 ans et plus a considérablement augmenté tant chez les salariées (+76%) que chez les libérales (+71%) : on recensait 25 700 salariées en 2021 contre 14 600 en 2013, et 8 800 libérales en 2021 face à 5 100 en 2013. Cette tendance pourrait perdurer, surtout que les abandons en formation sont en hausse chez les plus jeunes.

 

Des choix de carrières et de secteurs d’activité stables

Entre 2013 et 2021, la répartition des infirmières salariées selon le secteur d’activité est restée largement inchangée. En 2021, 76% des infirmières salariées occupaient un poste au sein d’un hôpital (57% dans des établissements publics et 19 % dans des établissements privés). Parallèlement, 11% d’entre elles trouvaient leur emploi dans des structures ou services sociaux et médico-sociaux (4% dans des établissements publics et 7% dans des structures privées).

 

Infirmière salariée dem
De plus, la répartition des infirmières salariées par spécialité a également montré une grande stabilité durant la même période. En 2021, on comptait 79% d’infirmières en soins généraux ou en psychiatrie, tandis que 10% exerçaient en tant qu’infirmières spécialisées (puéricultrices et autres infirmières spécialisées) et 11 % occupaient des postes de cadres (infirmiers chefs, infirmiers généraux, infirmiers surveillants, chefs d’unité de soins infirmiers, infirmiers enseignants, infirmiers hors classe). Ces chiffres témoignent d’une continuité dans les choix de carrière au sein de la profession infirmière au cours de cette période.

 

 

Répartition régionale des infirmiers : des disparités marquées

Répartition géographique des IDEL

La Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, et l’Auvergne-Rhône-Alpes comptent le plus grand nombre d’IDEL. Ce sont les régions avec la plus forte concentration d’infirmiers libéraux.

Il existe une grande disparité dans l’évolution des effectifs selon les régions. Certaines régions connaissent un développement significatif des effectifs des IDEL comme les Hauts-de-France, la Normandie, les Pays de la Loire Grand Est et certaines régions des DROM.

Répartition géographique des IDEL en 2021 Provence-Alpes-Côte d’Azur 13 207 Occitanie 13 149 Auvergne-Rhône-Alpes 12 231 Nouvelle-Aquitaine 10 923 Hauts-de-France 8 832 Ile-de-France 8 061 Grand Est 7 264 Bretagne 5 741 Normandie 3 923 Bourgogne-Franche-Comté 3 442 Pays de la Loire 3 401 Centre-Val de Loire 2 502 La Réunion 2 038 Corse 1 249 Guadeloupe 1 230 Martinique 1 154 Guyane 284 Variation de la démographie des IDEL (2021 vs 2013) La Réunion 46% Hauts-de-France 45% Normandie 41% Pays de la Loire 41% Guyane 41% Grand Est 40% Ile-de-France 33% Auvergne-Rhône-Alpes 33% Guadeloupe 33% Nouvelle-Aquitaine 32% Bourgogne-Franche-Comté 31% Corse 31% Centre-Val de Loire 29% TOTAL IDEL 29% Bretagne 26% Martinique 21% Provence-Alpes-Côte d’Azur 14% Occitanie 14%

 

Le nombre d’infirmières libérales a augmenté plus rapidement que celui de la population, entraînant une hausse de la densité de 2,8% en moyenne par an entre 2013 et 2021. On comptait ainsi 146 infirmières libérales pour 100 000 habitants en 2021, contre 117 en 2013.

Cette amélioration de l’offre de soins infirmiers a profité à toutes les régions même si de grandes disparités entre régions persistent, avec une densité bien plus élevée dans certaines zones comme la Corse, PACA et les DROM, tandis que d’autres régions comme l’Île-de-France et les Pays de la Loire restent en bas de l’échelle.

 

Densités régionales d’IDEL pour 100 000 habitants

2013 2021 299 Corse 359 231 Guadeloupe 320 246 Martinique 320 234 Provence-Alpes-Côte d’Azur 258 167 La Réunion 234 203 Occitanie 218 142 Nouvelle-Aquitaine 180 140 Bretagne 169 119 Auvergne-Rhône-Alpes 151 102 Hauts-de-France 147 117 TOTAL IDEL 146 94 Grand Est 131 93 Bourgogne-Franche-Comté 123 84 Normandie 118 83 Guyane 99 76 Centre-Val de Loire 97 66 Pays de la Loire 88 51 Ile-de-France 65

 

Répartition géographique des infirmières salariées

Grâce à ses nombreuses infrastructures de santé, notamment des hôpitaux, cliniques et centres de soins, l’Île-de-France est de loin la région avec le plus grand nombre d’infirmières salariées et concentre à elle seule 16% de l’ensemble des effectifs. Elle est suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (12%), autre grande région avec une forte concentration d’infrastructures sanitaires.

Néanmoins, malgré son effectif important, l’Île-de-France n’a progressé que de 1% entre 2013 et 2021. Les plus fortes augmentation des effectifs salariés sont enregistrées en Corse et dans les DROM.

Répartition géographique des infirmières salariées en 2021 Ile-de-France 79 900 Auvergne-Rhône-Alpes 62 096 Nouvelle-Aquitaine 47 322 Hauts-de-France 46 574 Occitanie 45 195 Grand Est 43 741 Provence-Alpes-Côte d’Azur 38 381 Bretagne 28 391 Pays de la Loire 27 627 Normandie 25 167 Bourgogne-Franche-Comté 22 154 Centre-Val de Loire 17 672 La Réunion 5 833 Guadeloupe 3 095 Martinique 3 029 Corse 2 524 Guyane 1 580 Variation de la démographie des infirmières salariées (2021 vs 2013) La Réunion 32% Guyane 27% Martinique 18% Guadeloupe 16% Corse 16% Nouvelle-Aquitaine 11% Pays de la Loire 10% Bretagne 10% Occitanie 9% Provence-Alpes-Côte d’Azur 9% Auvergne-Rhône-Alpes 8% Hauts-de-France 8% TOTAL infirmières salariées 7% Normandie 6% Centre-Val de Loire 5% Grand Est 4% Bourgogne-Franche-Comté 2% Ile-de-France 1%

 

Le nombre d’infirmières salariées a quant à lui progressé à un rythme plus lent, avec une hausse moyenne de 1% par an entre 2013 et 2020. En 2021, la densité atteint 742 infirmières salariées pour 100 000 habitants, comparativement à 714 en 2013.

Dans l’ensemble des régions, on constate une amélioration de la densité d’infirmières salariées entre 2013 et 2021, exception faite de l’Île-de-France dont la densité baisse de 12 points.

 

Densités régionales des infirmières salariées pour 100 000 habitants

2013 2021 666 Martinique 840 792 Bretagne 836 661 Guadeloupe 805 773 Bourgogne-Franche-Comté 791 760 Grand Est 787 732 Nouvelle-Aquitaine 780 723 Hauts-de-France 777 743 Auvergne-Rhône-Alpes 765 711 Normandie 756 727 Occitanie 750 714 Provence-Alpes-Côte d’Azur 748 714 TOTAL infirmières salariées 742 679 Corse 726 685 Pays de la Loire 717 654 Centre-Val de Loire 687 528 La Réunion 670 661 Ile-de-France 649 511 Guyane 551

 

 

Près de la moitié des infirmières hospitalières changent de voie au cours de leur carrière

Dans une étude, la Drees a analysé les trajectoires des infirmières hospitalières ayant débuté entre 1989 et 2019, révélant qu’après dix ans de carrière, près de la moitié d’entre elles ont quitté leur poste initial ou changé de profession. 17% d’entre elles ont choisi d’exercer un emploi indépendant (infirmière ou un autre métier), dont 10% en tant qu’infirmière libérale à titre exclusif et 2 % à titre mixte.

La maternité n’entraîne pas de retrait du salariat, mais réduit le volume de travail, les infirmières diminuant souvent leur charge pour équilibrer vie professionnelle et familiale.

 

Le taux d’abandon des études en soins infirmiers s’accentue

Une étude de la Drees révèle l’ampleur du malaise qui règne au sein des instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). A peine 3% en 2011, ce sont 10 % des étudiantes en 2021 qui abandonnent leurs études en première année de formation. Ce taux d’abandon est également élevé en deuxième (7%) et troisième année (4%).

Sur l’ensemble de la scolarité de la promotion 2018, elles sont 14% à avoir abandonné leurs études, contre 11% pour la promotion 2011. Ce sont les hommes qui lâchent le plus leurs études (19% de la promotion masculine 2018 vs 13% pour les femmes).

En fin de course, le nombre annuel de diplômées a baissé de 7% pour s’établir à 24 500 en 2021.

 

Les infirmières en pratique avancée (IPA) : vers une diversification des compétences

Le grade d’IPA (bac +5 de niveau master) a été autorisé par la loi  » Touraine » de modernisation du système de santé de 2016. Il a été mis en œuvre en 2018. Pour devenir IPA , il faut d’abord être titulaire du Diplôme d’État d’infirmier (DEI) et avoir exercé au moins trois ans comme infirmière. La formation dure deux ans.

A l’issue du master 1, les IPA peuvent choisir de se spécialiser dans l’une des quatre mentions suivantes : pathologies chroniques stabilisées ; prévention et polypathologies courantes en soins primaires, oncologie, néphrologie, psychiatrie et santé mentale.

Les infirmières en pratique avancée (IPA) sont des infirmières spécialisées ayant acquis des compétences élargies pour prendre en charge des patients de manière autonome dans des domaines spécifiques. Ce métier vise à renforcer la prise en charge des patients et à alléger la charge des médecins en leur confiant des tâches spécifiques sur des pathologies ciblées.

Les IPA, dont le périmètre des actes autorisés n’a de cesse été élargi, exercent soit en milieu hospitalier, soit en ambulatoire, notamment en cabinets médicaux, maisons de santé pluridisciplinaires, ou en libéral. Elles travaillent en collaboration avec des médecins et d’autres professionnels de santé, mais avec un certain degré d’autonomie dans le cadre de leurs compétences.

Selon Conseil national professionnel IPA, 3 100 infirmières ont obtenu leur diplôme de pratique avancée, et 1500 sont actuellement en formation (IEPA).

 

Part des mentions parmi les M2 IEPA

PCS PSM OH NDT U 57% 10% 23% 10% 54% 22% 16% 8% 55% 27% 12% 6% 1% 53% 28% 12% 4% 3% 53% 24% 9% 5% 9% 2020 2021 2022 2023 2024

 

Plus de la moitié des étudiants optent pour la mention pathologies chroniques stabilisées – prévention et polypathologies courantes en soins primaires (PCS). Un peu moins d’un quart lui préfèrent la psychiatrie et Santé mentale (PSM). Les urgences (U) et l’oncologie et hématologie-oncologie (OH) sont choisies chacune par 10% des IEPA. Enfin, la néphrologie dialyse et transplantation rénale (NDT) a les faveurs de seulement 5% des étudiants.

 

 

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