Réforme des cotisations sociales des indépendants : ce qui change pour les professionnels de santé libéraux
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Alors que le monde de la santé continue d’évoluer rapidement, les internes en médecine se trouvent à l’intersection de choix décisifs qui façonneront non seulement leur carrière, mais aussi l’avenir de la santé publique.
Chaque année, l’analyse des tendances des filières et des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) les plus choisis révèle une cartographie des aspirations, des défis et des opportunités qui émergent dans le paysage médical actuel. En 2025, cette cartographie est plus riche que jamais à lire.
Depuis la mise en place des Épreuves Dématérialisées Nationales (EDN), les étudiants sont désormais évalués sur 13 classements distincts regroupant les 44 spécialités existantes. Ce changement de paradigme complique les comparaisons avec les années précédentes, mais ne rend pas les tendances moins lisibles.
Si le prestige d’un service a longtemps guidé les choix des internes, un autre critère s’est imposé en tête des priorités : l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
La nature exigeante de la médecine expose les praticiens à des risques réels de burn-out. Selon une enquête Sermo, 42 % des médecins sont touchés. Ce constat pèse désormais très lourd dans les choix d’orientation.
Les internes regardent de plus en plus attentivement :
L’équilibre vie professionnelle et personnelle n’est plus un idéal secondaire : c’est devenu un critère de sélection à part entière, assumé ouvertement par une génération d’internes qui sait exactement ce qu’elle veut.
La rémunération reste l’un des critères qui pèsent dans le choix d’une spécialité, même si elle n’est jamais le seul. Les écarts entre disciplines sont, en France, particulièrement marqués.
Selon le classement publié par Annonces Médicales en novembre 2025, voici les revenus annuels moyens en exercice libéral :
| Spécialité | Revenu annuel moyen (libéral) |
| Radiologie / Imagerie médicale | 220 000 – 300 000 € |
| Chirurgie plastique et esthétique | 200 000 – 350 000 € |
| Anesthésie-réanimation | 160 000 – 220 000 € |
| Chirurgie orthopédique | 150 000 – 250 000 € |
| Ophtalmologie | 140 000 – 180 000 € |
| Urologie | 130 000 – 180 000 € |
| Gastro-entérologie | 130 000 – 170 000 € |
| Cardiologie | 120 000 – 160 000 € |
| Dermatologie | 100 000 – 150 000 € |
| Psychiatrie | 80 000 – 110 000 € |
| Pédiatrie | 80 000 – 110 000 € |
| Médecine générale | 80 000 – 110 000 € |
Ces écarts ne reflètent ni la difficulté des études ni l’utilité médicale de la discipline. Ils traduisent avant tout les logiques économiques du système de soins français.
L’innovation technologique remodèle l’attractivité de certaines spécialités. Pour une génération d’étudiants nés avec le numérique, exercer dans un environnement technique innovant est devenu un critère d’orientation à part entière.
Les technologies qui transforment l’exercice médical :
Les conditions d’exercice évoluent dans le même sens. Les internes s’informent via des canaux bien plus larges qu’avant : groupes WhatsApp, webinaires, retours d’expérience sur les réseaux sociaux. L’image d’un CHU se construit autant sur Instagram que dans les couloirs de la faculté.
Réforme ou pas, certaines spécialités gardent une longueur d’avance écrasante. Voici le classement 2025 basé sur le rang médian des internes affectés (source : What’s Up Doc, décembre 2025) :
| Rang | Spécialité | Rang médian | Évolution 2025 |
| 1 | Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique | 279 | → Stable |
| 2 | Dermatologie et vénérologie | 508 | → Stable |
| 3 | Ophtalmologie | 750,5 | → Stable |
| 4 | Maladies infectieuses et tropicales | ~900 | ↑ +5 places |
| 5 | Chirurgie maxillo-faciale | ~1 000 | ↑ En hausse |
| 6 | Anesthésie-réanimation | ~1 100 | ↓ -3 places |
| 7 | ORL et chirurgie cervico-faciale | ~1 200 | → Stable |
| 8 | Neurochirurgie | ~1 300 | ↓ -9 places |
| 9 | Radiologie et imagerie médicale | ~1 400 | ↑ +2 places |
| 10 | Chirurgie orthopédique | ~1 500 | → Stable |
| 13 | Chirurgie orale | ~1 800 | ↑ +15 places |
| 39 | Médecine générale | ~3 200 | ↑ +1 place |
| 40 | Gériatrie | — | ↑ +1 place |
| 41 | Psychiatrie | — | → Stable |
| 42 | Biologie médicale | — | → Stable |
| 43 | Santé publique | — | ↓ -4 places |
| 44 | Médecine et santé au travail | — | → Stable |
En 2025, la chirurgie plastique reste la spécialité numéro un avec un rang médian de 279. C’est la discipline que les meilleurs candidats s’arrachent depuis des années avec une constance remarquable.
Ce qui explique son attractivité :
La dermatologie (2e) et l’ophtalmologie (3e) forment avec la chirurgie plastique un trio de tête stable depuis plusieurs années.
Ces deux spécialités partagent plusieurs atouts :
Les maladies infectieuses et tropicales gagnent 5 places en 2025 et viennent frôler le podium. Un élan porté par l’écho durable de la crise Covid et par la visibilité nouvelle de cette discipline.
Cette progression illustre la capacité des étudiants à s’adapter aux nouveaux enjeux de santé publique et à anticiper les transformations profondes du système de soins.
Ce que ces disciplines ont en commun, au-delà du prestige : une présence hospitalière intense et de nombreuses gardes. Ce qui amène les jeunes médecins à réfléchir tôt à leur protection et à leur prévoyance.
La médecine générale reste le grand paradoxe du système : c’est la spécialité la plus pourvue en volume (plus de 3 200 néo-internes en 2025), mais elle occupe la 39e place du classement.
Les spécialités en bas du classement :
Ce phénomène de désaffection est difficile à ignorer dans un pays qui souffre encore
À l’échelle des CHU, le même phénomène s’observe. Les établissements périphériques (La Réunion, Limoges, Antilles-Guyane) accueillent le moins d’internes, même s’ils offrent souvent plus d’autonomie et des expériences cliniques plus riches.
La gériatrie, la santé publique et la médecine générale restent les grandes oubliées, malgré leur rôle central dans l’organisation des soins et les besoins d’une population vieillissante.
Ces disciplines font l’objet de nombreuses initiatives : campagnes de communication, actions syndicales, webinaires de sensibilisation. Le travail de fond existe, même si les résultats se font encore attendre.
La session 2025 aurait pu marquer une rupture. La réforme R2C laissait espérer un reclassement des cartes. Il n’en a rien été.
Le podium reste strictement identique : chirurgie plastique, dermatologie, ophtalmologie. La queue du peloton ne bouge pas non plus.
Ce classement dit quelque chose d’important : les grandes préférences des internes sont profondément ancrées. Une réforme administrative ne suffit pas à les bousculer.
Les progressions notables en 2025 :
Les reculs notables en 2025 :
Choisir sa spécialité, c’est d’abord se connaître soi-même. Selon une étude du CEReSS publiée dans la revue L’Encéphale (2 003 jeunes médecins français), les principales motivations sont :
Ces motivations évoluent au fil du cursus. La spécialité finalement choisie est souvent très différente de celle envisagée en début d’études.
Les stages jouent un rôle central. La réforme R2C change profondément cette logique en évaluant les étudiants sur leur pratique clinique, ce qui redonne aux stages leur véritable valeur formatrice.
Se confronter tôt à différentes spécialités, dialoguer avec des praticiens en exercice, vivre une garde dans un service inattendu : c’est souvent là que se confirme ou se remet en question une orientation.
Le choix d’une spécialité, c’est aussi souvent le choix implicite d’un mode d’exercice. Selon une étude du Conseil National de l’Ordre des Médecins :
L’exercice mixte séduit par sa flexibilité : cabinet libéral combiné à des vacations hospitalières, salariat en centre de santé et remplacements, ou télémédecine associée à des consultations privées.
Anticiper ce choix dès l’internat, c’est se donner les moyens de construire un projet professionnel cohérent. Un futur médecin libéral n’aura pas les mêmes besoins de formation, de réseau ou de protection sociale qu’un praticien hospitalier.
C’est précisément pourquoi des acteurs comme le Groupe Pasteur Mutualité se positionnent pour accompagner les professionnels de santé tout au long de leur carrière, dès l’internat, parce que bien démarrer, ça se prépare.
Sources :
L’Étudiant : https://www.letudiant.fr/classements/classement-des-specialites-de-medecine-les-plus-demandees.html?page=2
Esprit et corps : https://esprit-et-corps.fr/tendances-specialites-medicaux-ecn2025/
Enviesdeville : https://www.enviesdeville.fr/populations/deserts-medicaux-bilan-2025/
What’s Up Doc (décembre 2025) : https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/classement-des-specialites-2025-2026-quelles-sont-les-specialites-preferees-et-detestees-des-internes-cette-annee
Annonces Médicales (novembre 2025) : https://www.annonces-medicales.com/blog/top-10-specialites-medicales-les-mieux-remunerees-en-2025
Sermo (décembre 2024) : https://www.sermo.com/fr/resources/comment-les-medecins-peuvent-creer-un-equilibre-entre-vie-professionnelle-et-vie-privee-voici-19-conseils/
L’Étudiant, impact du classement (juin 2023) : https://www.letudiant.fr/etudes/medecine/etudes-de-medecine-il-y-a-un-attachement-aux-classements-comme-une-addiction.html
Bpifrance Le Mag (février 2025) : https://bigmedia.bpifrance.fr/news/medecine-du-futur-innovations-technologiques-et-impact-sur-les-professionnels-de-sante
Publié le 13/04/2025
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