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Installation du médecin : Exercice en libéral, salarié ou mixte ? Quelles différences ? (2ème partie)

Nous l’avons vu dans un article précédent, l’exercice libéral offre aux jeunes praticiens le choix entre plusieurs formes d’exercices : le remplacement, la collaboration et l’installation en individuel ou en groupe.

Cependant, même si l’exercice en libéral offre beaucoup de libertés, il peut paraître inquiétant pour les jeunes médecins, d’autant plus qu’ils n’y sont pas vraiment préparés pendant leurs études.

Raison pour laquelle, en début de carrière, une part importante d’entre eux opte pour l’exercice salarié (62% selon le CNOM*).

 

 

1. Le médecin salarié (salarié, hospitalier ou salarié – hospitalier) 

La principale différence entre un médecin libéral et un salarié, est que l’un est payé à l’acte par son patient, tandis que le second reçoit un salaire mensuel de son employeur (quels que soient le nombre et la nature des actes qu’il pratique).

Alors où (et pour qui) travaillent ces médecins salariés ? Et quels sont les avantages de l’exercice salarié ?

 

Pour quels employeurs un médecin salarié peut-il travailler ?

Une grande majorité des médecins salariés travaille à l’hôpital public (67%*). Ils ont dans ce cas le statut de praticiens hospitaliers (PH), c’est-à-dire qu’ils sont des agents du service public.

30% travaillent pour des établissements médicaux privés à but lucratifs ou non lucratifs (cliniques, maisons de santé, EHPAD, industrie pharmaceutique…) en tant que médecins salariés coordonnateurs, médecins traitants ou encore praticiens de prévention ; d’autres encore exercent en tant que médecins du travail, médecins scolaires, médecins conseils de l’Assurance Maladie ou inspecteurs de santé publique.

Enfin, les 3% restant cumulent emplois salarié et hospitalier.

Dans tous les cas, ces médecins salariés sont liés à leur employeur par un contrat de travail (CDD ou CDI).

On peut noter que dans le contexte actuel de désertification médicale, certaines communes, devançant les mesures annoncées dans le plan gouvernemental « Ma santé 2022 », n’hésitent pas à embaucher leur médecin généraliste ! En mai dernier, l’ARS annonçait par ailleurs l’ouverture de 400 postes de médecins généralistes pour les territoires prioritaires et zones sous-dense, où la démographie médicale est en berne. Le salaire de ces médecins est en général indexé sur celui de la fonction publique hospitalière.

 

Quels sont les avantages à être médecin salarié ? 

Si beaucoup de jeunes praticiens choisissent de démarrer leur carrière avec un emploi salarié, c’est parce qu’ils jugent ce mode d’exercice plus sécurisant :  en termes financiers bien sûr, mais aussi parce qu’il leur permet d’exercer plus sereinement leur métier en s’appuyant si besoin sur des collègues plus expérimentés. Ce qu’ils perdent en liberté, ils le gagnent en confort de travail.

Autre avantage : le médecin salarié bénéficie d’une amplitude horaire de travail fixe (35h au lieu de 50 à 60 en moyenne pour ses confrères libéraux, selon une récente étude de la DREES***), d’horaires plus souples, de congés et donc de vies personnelle et professionnelle plus faciles à concilier.

Par ailleurs, le statut « salarié » lui donne accès à la formation continue (et facilite ainsi le maintien à jour de ses connaissances sur les dernières innovations), lui offre la possibilité de prendre des congés maladie, maternité ou paternité, et le droit de percevoir des indemnités chômage en cas de perte d’emploi.

Enfin, contrairement à ses confrères libéraux, le médecin salarié peut mieux se concentrer sur l’activité de soins puisqu’il dispose en général d’un soutien logistique (informatique, achats, secrétariat…), ce qui induit une réduction de son temps consacré aux tâches administratives, comptables et fiscales.

 

 

1. L’exercice libéral mixte (médecin libéral – salarié ; libéral – hospitalier ; libéral – salarié -hospitalier)

Selon le CNOM*, 11% des médecins actifs pratiquent en exercice libéral mixte dont :

Ce mode d’exercice séduit les professionnels de santé, et notamment les médecins, car il est très enrichissant : il leur permet en effet de varier leur activité… mais aussi leur rémunération, l’exercice salarié venant apporter un complément de revenu sécurisant.

Par ailleurs, ce mode d’exercice leur offre la possibilité de profiter des avantages du salariat (travail en équipe pluridisciplinaire, accès à des moyens techniques performants et à la formation, maintien du lien avec l’hôpital afin de compléter leur formation médicale, protection sociale, congés…) et rompt l’isolement du cabinet… sans pour autant perdre la liberté d’exercice qu’offre le statut libéral.

L’exercice mixte peut se traduire en pratique par l’alternance de consultations dans un cabinet en ville et de vacations à l’hôpital ; ou bien encore, d’une activité salariée à temps partiel à l’hôpital complétée de consultations en cabinet ou en établissement privé.

Il est important cependant de bien ventiler le temps d’exercice salarié et le temps d’exercice libéral pour ne pas perdre d’argent, car les charges du cabinet seront à payer même pendant le temps salarié !

 

 

Conclusion : Alors et vous, que choisissez-vous ? Exercice libéral, salarié ou mixte ?

Aujourd’hui, il ressort de nombreuses études que ce sont « le cadre de vie, les conditions d’exercice, le travail en réseau avec d’autres professionnels de santé et, dans une moindre mesure, les aides financières » qui déterminent les choix d’installation des jeunes médecins. Pourtant, si une majorité d’entre vous aspire  à exercer en libéral, seuls 12% des nouveaux inscrits choisissent effectivement ce mode d’exercice.

Alors, exercice libéral, salarié ou mixte ? Quoi que vous décidiez, sachez que choisir l’un ou l’autre de ces statuts ne vous engage pas définitivement. Un grand nombre de jeunes médecins qui commencent à exercer en salarié, s’installent en libéral 2 ou 3 ans plus tard. Il est naturel de choisir l’environnement qui vous paraît le plus sécurisant en début de carrière, puis de changer de mode d’exercice plusieurs fois dans sa carrière, en fonction de vos aspirations du moment.

En résumé, ce qui compte avant toute chose, ce n’est pas le statut (libéral, salarié ou mixte), c’est la manière dont vous exercez la médecine.

 

Sources

*Atlas de la démographie médicale en France, situation au 1er janvier 2018 – Conseil National de l’Ordre des Médecins

***Etudes et Résultats, N° 1113 – DREES, mai 2019