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Installation du médecin : Exercice en libéral, salarié ou mixte ? Quelles différences ? (1ère partie)

Nombre de jeunes médecins sont surpris de constater que, leur diplôme en poche, il leur faut encore préciser un certain nombre de points avant d’être en mesure d’exercer. Il y a bien sûr toutes les démarches à accomplir, nous l’avons vu, mais ils doivent aussi choisir leur mode d’exercice.

Le médecin peut en effet exercer en libéral (il exerce alors sous sa propre responsabilité), être salarié (il est alors employé d’une collectivité ou d’une entreprise)… ou bien encore, choisir une activité mixte, à la fois salariée et libérale.

Le métier est le même (après tout, nous sommes et resterons… des médecins) mais la façon de l’exercer est un peu différente, ce qui induit un certain nombre de conséquences.

Voyons cela plus en détails.

 

1. Le médecin exerçant en libéral

Même si une étude récente du CNOM* nous apprend que l’exercice en libéral ne cesse de reculer (près d’un médecin sur 2 en activité aujourd’hui est salarié contre 37,45% en 2010), ce mode d’exercice tente encore de nombreux jeunes médecins (12% des médecins nouvellement inscrits sont libéraux).

La liberté qu’il offre en est la principale raison. Le médecin libéral peut en effet s’installer là où il le souhaite et exerce sous sa propre responsabilité ; selon ses aspirations, il peut choisir plusieurs formes d’exercice :

 

1.1 Le médecin remplaçant libéral

Le remplacement est un excellent moyen de démarrer votre carrière, car il permet de prendre la mesure d’un territoire, d’une patientèle et de consolider votre expérience. Un grand nombre d’entre nous (8 médecins sur 10) a débuté de cette façon et 23%* des médecins nouvellement inscrits sont remplaçants.

En tant que médecin libéral remplaçant,

Le remplaçant peut être un médecin libéral inscrit à l’Ordre, un médecin thésé (disposant d’une attestation d’inscription à l’Ordre) ou un étudiant (disposant d’une attestation d’inscription en 3e cycle des études médicales et ayant obtenu une licence de remplacement auprès de l’Ordre).

 

1.2 Le médecin collaborateur libéral 

La collaboration est un mode d’exercice libéral vous permettant de travailler avec un médecin de même spécialité que vous, en toute indépendance. En tant que médecin collaborateur,

Enfin, le médecin collaborateur libéral est obligatoirement un médecin thésé.

Pour le médecin titulaire, l’intérêt de ce mode d’exercice est de faire face à une clientèle croissante (dont une partie sera prise en charge par le médecin collaborateur) et de partager les frais de fonctionnement du cabinet. Pour vous, en tant que médecin collaborateur, l’intérêt est de pouvoir vous installer en libéral de manière plus sereine sans avoir à supporter de trop lourdes charges, de vous appuyer sur un confrère plus expérimenté, d’apprendre à gérer un cabinet (dans l’optique de vous installer plus tard en individuel par exemple), de mieux connaître la patientèle du titulaire (dans le cas d’une éventuelle reprise) ou de vous préparer à terme, à vous associer avec lui.

 

1.3 L’installation du médecin libéral (en individuel ou en groupe)

1.3.1 Médecin libéral : l’exercice en individuel 

Vous pouvez aussi décider de vous installer en individuel, c’est-à-dire de créer votre propre cabinet médical, de reprendre un cabinet existant ou encore de vous associer à un cabinet existant.

Installation du médecin libéral en solo (création ou reprise de cabinet)

Si ce mode d’exercice offre une grande liberté au praticien (vous serez maitre à bord !), créer votre propre cabinet médical nécessite d’avoir correctement peaufiné votre projet de manière à mettre toutes les chances de réussite de votre côté (analyse de marché, business plan, budget prévisionnel, obtention éventuelle de financements, communication…).

L’une des questions qui se pose est vaut-il mieux créer ou reprendre un cabinet ?

Création + C’est moins coûteux

+ C’est plus rapide

+ Vous bénéficiez d’une grande liberté de décision (notamment concernant les personnes que vous recrutez)

 

C’est plus risqué (investir, obtenir un prêt sans avoir d’historique, démarrer l’activité tout en payant les charges…)

Il faut créer votre patientèle

 

Reprise + Le cabinet est immédiatement opérationnel (personnel, patientèle)

+ Plus de facilités à obtenir un éventuel prêt bancaire (puisqu’il y a un historique d’activités)

Le montant de l’investissement (le rachat de patientèle est onéreux)

Cela prend du temps (recherche, choix et entrée en fonction)

Vous devez être immédiatement prêt à exercer (pas d’accompagnement)

Nécessite d’avoir de bonnes relations avec le praticien qui cède son cabinet

Vous devrez accompagner le changement avec les employés

Il reste toujours une incertitude liée à la fidélisation de la patientèle (vous pouvez être comparé au médecin auquel vous succédez)

 

Médecin libéral en cabinet de groupe : L’association

L’association consiste à rejoindre un cabinet existant (en rachetant des parts de la société constituée par les médecins y exerçant) ou à créer un cabinet à plusieurs.

L’association est un mode d’exercice en libéral permettant à plusieurs praticiens (de même spécialité ou de spécialités différentes) de mutualiser les moyens et les ressources nécessaires au fonctionnement du cabinet (secrétariat, informatique, locaux, etc.).

Ce mode d’exercice à plusieurs (ou cabinet de groupe) peut séduire le jeune médecin libéral car il offre des opportunités d’échanges avec des pairs et une plus grande souplesse dans les conditions de travail ; il est aussi un moyen de développer une patientèle plus facilement par le biais de recommandations entre praticiens de spécialités différentes et de proposer une continuité de soins aux patients ; cependant, sachez que la polyvalence de spécialités est encore assez peu développée dans les cabinets de groupe.

Si elle offre de nombreux avantages, l’association induit également quelques contraintes (comme dans n’importe quel regroupement d’individus) : les différents praticiens sont en effet tenus de s’entendre sur une organisation et des objectifs communs, ce qui impose parfois de savoir se plier aux décisions de la majorité. L’association offre donc moins de liberté au médecin libéral que l’installation en individuel.

Les modalités de l’association nécessitent d’être formalisées dans un contrat ou dans la création d’une société, afin d’y spécifier les droits et obligations de chacun.

Remarque : Si votre objectif est de vous associer plus tard à un cabinet existant, nous vous conseillons de commencer par un contrat de collaboration qui induit un risque financier moindre. Vous pourrez ainsi tester votre capacité à travailler avec vos futurs associés potentiels, sans engager des frais trop importants en cas de difficultés.

1.3.2 Médecin libéral : l’exercice en groupe ou coordonné

Selon une étude récente menée par la DREES** auprès de 3300 praticiens, 61% des médecins généralistes libéraux exercent en groupe (avec d’autres médecins généralistes dans 57% des cas, avec des paramédicaux dans 27% des cas, des médecins d’autres spécialités dans 6% des cas et des chirurgiens-dentistes dans 5% des cas).

Les Maisons de Santé Pluridisciplinaires (MSP), les centres de santé ou encore les sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires sont des exemples de structures organisées pour l’exercice en groupe ou coordonné de soins :

Ce type de structure repose sur un projet commun et sur la mutualisation des moyens nécessaires à l’activité. Les professionnels de santé y partagent donc les frais (locaux, charges administratives). Dans ce type de structure, selon le statut juridique choisi, l’exercice peut se faire avec ou sans partage d’honoraires. Lorsqu’il y a partage d’honoraires, ceux-ci sont mis en commun.

Si beaucoup de praticiens notamment débutants plébiscitent le mode d’exercice en groupe ou coordonné, c’est parce qu’il permet de rompre l’isolement souvent reproché au statut de médecin libéral traditionnel (en solo) et de mutualiser les charges.

 

 

Dans un prochain article, vous découvrirez les avantages du statut de médecin salarié.

 

*Atlas de la démographie médicale en France, situation au 1er janvier 2018 – Conseil National de l’Ordre des Médecins

** Etudes et Résultats, N°1114 – DREES, mai 2019