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La kinésithérapie française en mouvement : l’évolution du nombre de kinés en France

La kinésithérapie française en mouvement l’évolution du nombre de kinés en France gpm groupe pasteur mutualité

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La France compte près de 100 000 masseurs kinésithérapeutes. C’est la 1ère profession de rééducation et la 4e profession de santé en France. Leur nombre de kinés en France a progressé de 14% en 5 ans et la Drees prévoit qu’il y aura 133 000 kinés en France à horizon 2040.

Cette dynamique peut s’expliquer par plusieurs facteurs, parmi lesquels la hausse des quotas d’admission en IFMK (Institut Français de Masso-Kinésithérapie) qui sont passés de 2 789 en 2018 à 3 031 en 2022. En parallèle sur la même période, quatre nouveaux IFMK ont vu le jour. Ainsi, plus de 12 300 étudiants sont inscrits chaque année dans les quelques 50 IFMK.

L’autre facteur explicatif et non des moindres, est le contingent de kinés diplômés à l’étranger. En 2022, ils étaient 27 655 à exercer en France grâce au dispositif de libre circulation. Cela représente plus de 28% de la profession contre 23% en 2018.

L’exercice libéral/mixte est très majoritaire au sein de la profession et est choisi par 85,1% des kinés. La répartition libéraux/mixtes et salariés reste stable même s’il est remarqué une très légère hausse de la part du salariat.
L’analyse détaillée de la pratique en libéral révèle une augmentation significative des activités d’assistants et de collaborateurs. En 2022, elles constituaient 37% des activités libérales contre 32% en 2018.

Evolution du nombre de kinés en France entre 2018 et 2022 gpm groupe pasteur mutualité

 

Une profession jeune et de plus en plus féminisée

Encore minoritaires il y a quelques années, les femmes kinésithérapeute représentent désormais 51,4% de la profession. Si cette proportion de femmes s’observe également parmi les libéraux/mixtes, la féminisation est encore plus prononcée auprès des salariés (68%).

Si les plus de 40 ans sont en majorité des hommes, les femmes sont mieux représentées chez les plus jeunes. Ainsi, 56,4% des 25-29 ans sont des femmes. Cela met en lumière le maintien dans les années à venir du rythme de féminisation de la profession.
L’âge moyen des kinésithérapeutes est stable et est de 41,3 ans en 2022. Les tranches d’âge les plus basses sont les plus représentatives, ce qui met en exergue un afflux de plus en plus croissant de nouveaux kinésithérapeutes.

 

Offre de soins qui s’améliore mais des inégalités régionales persistent

Les kinésithérapeutes jouent un rôle clé dans la satisfaction des besoins de santé actuels et futurs. Aussi, une bonne distribution géographique est essentielle. À l’échelle nationale, on observe une augmentation régulière de leur densité moyenne, tous types d’exercices inclus. Elle est passée de 128,5 kinés pour 100 milles habitants en 2018 à 144,2 en 2022. Mais il existe d’importantes disparités entre les régions avec un accroissement de la densité des kinésithérapeutes du nord vers le sud de la France. Les régions du nord de l’Hexagone, Île-de-France comprise, affichent des densités inférieures à la moyenne nationale, tandis que celles du sud se positionnent largement au-dessus. Les DROM comme la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion présentent des densités très élevées, contrairement à Mayotte et la Guyane, où elles sont alarmantes et en deçà de 50.

Densité des kinésithérapeutes en France par région gpm groupe pasteur mutualité

Depuis 2019, l’installation des kinés en zones sur-dotées est soumise à un dispositif de régulation. Ce mécanisme concerne 12,5% de la population française et il sera porté à 30% grâce à l’avenant 7 de convention des masseurs-kinésithérapeutes.

Cet accord améliore également les incitations pour l’installation des kinésithérapeutes dans les zones peu denses, couvrant 15% de la population, et étend ces zones. Aussi, les étudiants débutant leur formation en 2023 s’engagent à travailler initialement dans ces zones sous-dotées ou dans des établissements sanitaires ou médico-sociaux, en échange de revalorisations tarifaires.

 

La loi autorise désormais un accès direct aux kinésithérapeutes

La loi du 19 mai 2023, portant amélioration de l’accès et de la prise en charge aux soins, introduit la possibilité d’un accès direct (sans passer par un médecin) aux kinésithérapeutes. Et ce qu’ils exercent à l’hôpital, en clinique, dans un établissement social ou médico-social ou, en ville, dans une maison ou un centre de santé. Le nombre de séances est limité à 8 et uniquement « dans le cas où celui-ci n’a pas eu de diagnostic médical préalable ». Cette prise en charge directe des patients dans le cadre d’un exercice coordonné n’est pas ouverte à ce stade dans le cadre des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ; un décret est attendu pour cadrer une expérimentation.

Pour anticiper les enjeux du vieillissement, améliorer la qualité de vie des seniors et prolonger l’espérance de vie sans incapacité, la profession plaide pour une autonomie accrue de l’exercice professionnel avec la possibilité de prescrire de l’activité physique adaptée. De plus, elle revendique l’intégration systématique des kinés dans les rendez-vous de prévention et la création de postes de coordonnateurs spécialisés au sein des EHPAD.

 

 

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